Celui qui, hier encore, galvanisait les foules en faveur de l’actuel Chef de l’État, menace désormais de rejoindre le camp de ceux qui combattent le pouvoir. Motif du divorce annoncé : la très controversée Taxe Forfaitaire d’Habitation, que le gouvernement entend appliquer à partir de 2026, en s’appuyant sur la facturation d’électricité.
Avec un ton ferme, presque prémonitoire, l’activiste met en garde le président qu’il appelle encore « Cher Président » :
« Ne prenez pas le silence des Gabonais pour une faiblesse. Tout bouillonne déjà dans les cœurs ! »
Pour lui, cette taxe vient prélever l’argent des pauvres qui n’ont déjà rien. Elle serait la goutte de trop pour une population qui ne supporte plus l’injustice, la pauvreté, l’absence de perspectives et le manque de résultats concrets depuis la chute du régime Bongo.
Bandecon en Chef rappelle à Oligui Nguema une promesse qu’il estime trahie :
« Nous avons vu des milliards à la télé ! Où est l’audit de ces milliards ? Les Gabonais n’oublient pas ! »
Comment peut-on imposer une taxe sur le logement, ajoute-t-il, alors que les logements eux-mêmes manquent, que les jeunes ne trouvent pas d’emploi et que les hôpitaux peinent à soigner ?
Il s’en prend également à la SEG, chargée de collecter cette taxe :
« La SEG a des problèmes de détournement ! Et vous voulez lui confier encore l’argent des Gabonais ?! »
Une administration déjà critiquée, accusée d’échecs et de délestages à répétition que l’on veut pourtant transformer en percepteur national.
Le passage le plus explosif de sa déclaration reste sans doute celui-ci :
« Continuez… 2026, vous allez apprécier ! Ali Bongo a fait la même erreur. Le Kongeng va se positionner ! »
Message limpide : si le pouvoir insiste, Bandecon en Chef basculera du côté de l’opposition. Et il entraîne derrière lui une partie de cette jeunesse urbaine, impatiente d’un changement réel.
Ce coup de gueule, partagé des milliers de fois en quelques heures, révèle une fissure inquiétante : lorsque les soutiens les plus bruyants commencent à douter, c’est tout un rapport de force qui peut basculer. Oligui Nguema misait sur une communication de proximité, sur son image d’homme du peuple, sur le rejet du Bongoïsme. Mais la patience du peuple s’épuise, et les nouvelles mesures fiscales pourraient bien réveiller la colère que chacun croyait assoupie.
Le pouvoir écoutera-t-il cette sonnette d’alarme ? Ou préférera-t-il s’entêter dans une réforme perçue comme une injustice sociale ?
Une chose est sûre :
le Gabon n’est plus dans le temps du silence.
Et si la marmite déborde comme l’annonce l’activiste personne ne pourra dire qu’il n’avait pas été prévenu.
