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Magazine Super Star > ACTUALITE > SCANDALE DE LA CARTE DE PRESSE AU GABON : CRITÈRES IRRÉALISTES, QUAND LE MINISTÈRE SEMBLE IGNORER SA PROPRE LOI !
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SCANDALE DE LA CARTE DE PRESSE AU GABON : CRITÈRES IRRÉALISTES, QUAND LE MINISTÈRE SEMBLE IGNORER SA PROPRE LOI !

Last updated: 20 octobre 2026 9h35
Published: 20 octobre 2026
ACTUALITE
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 Délais irréalistes, critères contestés, diplômes difficiles à authentifier et zones d’ombre juridiques : la procédure d’obtention de la carte de presse soulève de sérieuses interrogations sur le respect du Code de la communication par le ministère dirigé par Germain Biahodjow.

Contents
  • Un ministère qui semble avoir oublié son propre Code
  • Article 66 : peut-on ajouter à la loi par un communiqué ?
  • Diplômes étrangers : des délais administratifs déconnectés de la réalité ?
  • Journalistes indépendants et « assimilés » : qui peut prétendre à la carte ?
  • Cinq jours pour déposer : une procédure nationale pensée pour Libreville ?
  • Commission nationale : quelles garanties de transparence ?
  • Germain Biahodjow attendu sur des réponses claires
le ministtre Germain Biahodjow.

Le retour de la carte de presse aurait dû être une bonne nouvelle pour les journalistes et les patrons de médias gabonais. Pourtant, la procédure annoncée par la Direction générale de la Communication pour la session du 26 octobre 2026 suscite déjà des inquiétudes. En cause : des délais particulièrement courts, des exigences administratives contraignantes et des critères dont la conformité au Code de la communication mérite des explications.

Les dossiers doivent être déposés du 19 au 23 octobre, porte 106 du ministère. En cinq jours seulement, les candidats sont censés réunir plusieurs pièces, dont un casier judiciaire de moins de trois mois, un acte de naissance légalisé et un diplôme certifié conforme.

Comment une procédure nationale peut-elle être organisée dans un délai aussi court sans pénaliser les journalistes établis à l’intérieur du pays, les professionnels indépendants et ceux dont les diplômes ont été obtenus à l’étranger ?

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Le problème n’est pas le principe du contrôle administratif, mais le caractère réaliste, équitable et juridiquement fondé des exigences imposées.

Un ministère qui semble avoir oublié son propre Code

Le plus déconcertant reste le paradoxe juridique de cette affaire. En 2026, le Gabon applique toujours le Code de la communication élaboré en 2016, avec la participation du ministère de la Communication de l’époque, de la Haute Autorité de la Communication (HAC) et de journalistes gabonais chevronnés. Billie-By-Nze figurait alors parmi les responsables politiques associés à l’action gouvernementale dans ce secteur.

Dix ans après, comment expliquer que le ministère chargé d’appliquer ce texte semble éprouver des difficultés à en clarifier les dispositions ?

Comment ses techniciens peuvent-ils élaborer des critères d’obtention de la carte de presse sans préciser clairement les différentes voies légales d’accès à la profession de journaliste ?

Pour les professionnels des médias, le constat est franchement décevant. Il ne s’agit pas d’une attaque personnelle contre Germain Biahodjow, mais d’une interrogation sur la compétence juridique de ses services et leur capacité à appliquer fidèlement les textes.

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Lorsqu’une administration participe à l’élaboration d’une loi, elle doit être en mesure d’en maîtriser les dispositions au moment de leur mise en œuvre.

Article 66 : peut-on ajouter à la loi par un communiqué ?

Le cœur de la controverse concerne l’article 66 du Code de la communication. Selon la lecture de ses dispositions avancées dans ce débat, trois voies permettraient d’accéder à la profession : un diplôme d’école de journalisme, cinq années de pratique professionnelle continue, ou un diplôme universitaire assorti de cinq années de pratique tutorée.

Or, les exigences annoncées semblent soulever une question fondamentale : faut-il satisfaire simultanément aux conditions de diplôme et d’ancienneté, ou les voies prévues par le Code sont-elles alternatives ?

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Si la loi prévoit des conditions alternatives, un communiqué administratif ne peut pas, en principe, les transformer en exigences cumulatives.

Un texte d’application peut préciser les modalités de constitution des dossiers, mais il ne saurait restreindre les conditions fixées par un texte supérieur. Le ministère doit donc préciser la disposition juridique sur laquelle repose toute exigence cumulant diplôme et ancienneté, si telle est bien son interprétation.

Cette question est déterminante pour les nombreux journalistes gabonais formés sur le terrain, qui ont acquis leur expérience au sein des rédactions sans nécessairement passer par une école spécialisée. Leur parcours doit-il être reconnu conformément aux dispositions du Code ou risque-t-il d’être écarté par une interprétation administrative restrictive ?

Diplômes étrangers : des délais administratifs déconnectés de la réalité ?

Autre difficulté : la certification des diplômes obtenus à l’étranger. L’authentification, la vérification et, le cas échéant, la reconnaissance ou l’équivalence de ces documents peuvent nécessiter plusieurs semaines, voire plusieurs mois, selon les pays et les autorités compétentes.

Contacter une université étrangère, obtenir des justificatifs, solliciter des autorités d’authentification puis accomplir les formalités au Gabon ne dépend pas exclusivement du candidat.

Comment les techniciens du ministère peuvent-ils ignorer une réalité administrative aussi élémentaire ? Comment exiger des documents dont l’obtention peut prendre des mois sans prévoir de délai adapté ou de mécanisme transitoire ?

L’État est parfaitement fondé à vérifier l’authenticité des diplômes. Mais il doit tenir compte des délais réels de ces démarches. On ne peut pas exiger l’impossible aux candidats, puis leur reprocher de ne pas avoir satisfait aux contraintes administratives.

Journalistes indépendants et « assimilés » : qui peut prétendre à la carte ?

Les incertitudes concernent également les catégories professionnelles visées.

L’ordonnance du 26 février 2026 aurait introduit la catégorie de l’« assimilé » au professionnel de la communication numérique, soumis à des obligations éthiques comparables à celles du journaliste, sans exigence de diplôme ni d’ancienneté selon les éléments présentés dans ce débat.

Parallèlement, le journaliste indépendant, reconnu à l’article 40 du Code selon la lecture avancée, n’est pas clairement évoqué dans les informations communiquées sur la procédure.

Ces professionnels peuvent-ils prétendre à la carte de presse ? Sur quelle base juridique et selon quelles modalités ? Si certains sont exclus, quel texte fonde cette exclusion ?

Le ministère doit clarifier la situation des journalistes indépendants, des professionnels formés sur le terrain et des assimilés, afin d’éviter que des ambiguïtés juridiques ne deviennent des motifs arbitraires de rejet.

La carte de presse ne doit pas se transformer en instrument de sélection fondé sur des critères qui ne correspondraient pas aux conditions légales applicables.

Cinq jours pour déposer : une procédure nationale pensée pour Libreville ?

Le calendrier annoncé pose également problème. Du 19 au 23 octobre, les candidats doivent réunir et déposer leurs dossiers avant la réunion de la commission prévue le 26 octobre.

Pour les journalistes de l’intérieur du pays, cette organisation implique des déplacements, des dépenses supplémentaires et parfois une interruption de leurs activités professionnelles. À cela s’ajoutent les délais d’obtention des pièces administratives.

Pourquoi ne pas avoir prévu une période de dépôt plus longue ? Pourquoi ne pas ouvrir des points de collecte dans les directions provinciales compétentes ? Pourquoi ne pas envisager une transmission numérique sécurisée des documents lorsque leur nature le permet ?

Ces interrogations sont d’autant plus légitimes que les autorités mettent en avant la modernisation et la dématérialisation de l’administration. L’existence de dispositifs d’identification numérique ne rend pas automatiquement toutes les formalités dématérialisables, mais elle aurait dû encourager une réflexion sur la simplification de cette procédure.

Une procédure nationale doit être accessible aux professionnels de tout le territoire, et pas seulement à ceux qui peuvent se rendre facilement au ministère à Libreville.

Commission nationale : quelles garanties de transparence ?

La composition et le fonctionnement de la Commission nationale de la carte de presse et des métiers du cinéma soulèvent d’autres interrogations.

Combien de membres compte-t-elle ? Quelles administrations y sont représentées ? Quelle place est réservée aux organisations professionnelles, aux journalistes en activité et aux responsables de médias ? À quelle fréquence siège-t-elle ?

Les critères d’examen des dossiers seront-ils publiés ? Les refus seront-ils motivés ? Quels recours seront ouverts aux candidats dont les demandes seront rejetées ?

Enfin, la carte délivrée à l’issue de cette session sera-t-elle valable pour 2026 ou pour 2027 ?

Le Code renvoie, selon les éléments évoqués, la composition et le fonctionnement de la commission aux textes applicables. Il appartient donc au ministère de rendre accessibles les références juridiques pertinentes et de préciser les garanties offertes aux candidats.

La transparence est indispensable pour prévenir les incompréhensions et garantir l’égalité de traitement.

Germain Biahodjow attendu sur des réponses claires

La responsabilité politique du ministre Germain Biahodjow ne signifie pas qu’il est personnellement l’auteur de chaque exigence annoncée. Elle implique néanmoins qu’il veille à la conformité juridique des procédures organisées par ses services.

Son département doit notamment clarifier les conditions d’accès à la carte, confirmer la portée de l’article 66, préciser la situation des journalistes indépendants et des assimilés, expliquer les modalités de certification des diplômes étrangers et justifier les délais de dépôt.

Si les exigences publiées correspondent aux textes applicables, le ministère doit en fournir les références. Si certaines résultent d’une interprétation erronée ou d’une formulation imprécise, il doit les rectifier.

Le retour de la carte de presse reste une initiative attendue. Mais le Code de la communication ne précise pas clairement, dans les éléments actuellement débattus, l’ensemble des avantages attachés à ce document, qui semble notamment intervenir dans les formalités de création d’un média. Cette question mérite également d’être clarifiée.

Dix ans après l’élaboration du Code de 2016, les journalistes et les patrons de presse sont en droit d’attendre davantage de cohérence de la part de l’administration chargée de le faire respecter.

Comment prétendre organiser la profession si l’on ne clarifie pas d’abord les règles qui la définissent ?

Le ministre Germain Biahodjow est désormais attendu sur un engagement essentiel : faire de la carte de presse un instrument de reconnaissance professionnelle, et non un parcours d’obstacles administratifs.

Car l’enjeu dépasse la délivrance d’un document. Il concerne le respect de la loi, l’égalité entre les professionnels et la crédibilité même de l’administration.

Au Gabon, le respect du Code de la communication ne devrait jamais être une option, encore moins une exigence que les journalistes seraient seuls contraints de rappeler à ceux qui sont chargés de l’appliquer.

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