Alors que la décision rendue le 19 mai 2025 par la Cour internationale de Justice (CIJ) continue de susciter de vives réactions au Gabon, l’analyste politique Jean Kevin Ngadi invite à une lecture plus nuancée du dossier. Selon lui, l’arrêt de la Cour ne marque pas la fin du combat juridique du Gabon. Au contraire, il ouvre une nouvelle phase au cours de laquelle Libreville disposerait encore de plusieurs leviers pour défendre ses intérêts.
Une décision qui ne clôt pas le dossier
Depuis l’annonce de l’arrêt de la CIJ dans le différend territorial opposant le Gabon à la Guinée équatoriale, une partie de l’opinion publique y voit une défaite. Une analyse que Jean Kevin Ngadi rejette.
Dans son étude intitulée « Mbanié : et si le Gabon avait déjà gagné la partie qui compte ? », il estime que la Cour ne s’est prononcée que sur la souveraineté des îlots et non sur toutes les conséquences juridiques qui en découlent.
Pour lui, les véritables enjeux restent à trancher, notamment :
- la délimitation des frontières maritimes ;
- les droits liés aux ressources naturelles ;
- les conséquences économiques de la souveraineté sur les îlots.
Il appelle ainsi les autorités gabonaises à sortir d’une logique défensive pour adopter une stratégie diplomatique et juridique plus offensive.
La frontière maritime, prochain grand chantier
Selon Jean Kevin Ngadi, la délimitation maritime constitue désormais le principal terrain de négociation entre Libreville et Malabo.
Il rappelle qu’en droit international, une frontière maritime ne peut être définitivement établie qu’après la clarification des points de référence terrestres.
« On ne peut pas fixer une frontière maritime sans avoir stabilisé les bases terrestres dont elle dépend », souligne-t-il.
L’analyste estime donc que le Gabon doit défendre une mise en œuvre progressive et juridiquement encadrée de la décision de la CIJ. L’ancienneté des territoires concernés, leur position géographique ainsi que le principe d’une délimitation maritime équitable pourraient constituer autant d’arguments favorables à Libreville.
La bataille se joue surtout en mer
Pour Jean Kevin Ngadi, le véritable enjeu dépasse largement la possession des îlots Mbanié, Cocotiers et Conga.
Selon lui, perdre la souveraineté sur un îlot ne signifie pas automatiquement perdre les espaces maritimes environnants.
S’appuyant sur plusieurs précédents du droit international, il rappelle que la possession d’une petite formation insulaire ne confère pas systématiquement le droit à une vaste zone économique exclusive ou à un important plateau continental.
Son constat est sans équivoque :
« Perdre un rocher n’implique nullement de perdre la mer. »
La véritable bataille porterait donc sur la délimitation des espaces maritimes et les droits économiques qui en découlent.
Les ressources naturelles au cœur des négociations
Au-delà de l’aspect territorial, l’analyste souligne l’importance des intérêts économiques.
Les deux États nourrissent d’importantes ambitions dans l’exploitation des ressources pétrolières offshore. Dans ce contexte, Jean Kevin Ngadi estime qu’aucun des deux pays n’aurait intérêt à laisser perdurer une incertitude juridique.
Cette réalité pourrait favoriser une solution négociée fondée sur :
- la coopération économique ;
- l’exploitation conjointe de certaines ressources ;
- un partage équilibré des bénéfices issus des richesses marines.
Selon lui, cette interdépendance économique peut devenir un puissant levier diplomatique.
L’article 121 de la Convention sur le droit de la mer comme atout
L’analyste met également en avant l’article 121 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.
Ce texte prévoit que certaines formations rocheuses inhabitées ne peuvent générer ni zone économique exclusive ni plateau continental.
Pour Jean Kevin Ngadi, les caractéristiques des îlots Mbanié, Cocotiers et Conga pourraient justement limiter leurs effets sur la délimitation maritime. Cet argument constituerait un levier juridique important que le Gabon gagnerait à exploiter dans les prochaines discussions.
Le véritable combat commence maintenant
Pour Jean Kevin Ngadi, la décision de la CIJ ne constitue pas l’épilogue du dossier Mbanié, mais le début d’une nouvelle étape.
Il recommande aux autorités gabonaises de renforcer leur dispositif en :
- mobilisant davantage d’experts en droit international ;
- consolidant leur argumentaire juridique ;
- intensifiant les démarches diplomatiques auprès des partenaires internationaux.
« Le véritable rapport de force ne se jouera pas dans la précipitation, mais dans la qualité du travail préparatoire », conclut-il.
Pour l’analyste, l’avenir du dossier Mbanié dépendra désormais de la capacité du Gabon à transformer les contraintes juridiques actuelles en véritables opportunités diplomatiques et économiques.
Cette version hiérarchise les idées, évite les répétitions et suit une progression logique : constat → enjeux → arguments juridiques → enjeux économiques → perspectives, ce qui la rend plus agréable à lire et conforme aux standards d’un article de presse d’analyse.






