Octobre est là. Les villes se parent de rose, les bureaux se mettent aux couleurs d’Octobre Rose et les campagnes de sensibilisation se multiplient. Mais derrière cette couleur, il existe une autre réalité, beaucoup plus sombre : celle des femmes qui vivent avec le cancer sans toujours avoir les moyens d’accéder aux soins dont elles ont besoin.
À travers plusieurs témoignages, cette réalité apparaît avec une violence difficile à ignorer.
Maman Laure, par exemple, a vécu les derniers moments de sa maladie dans des conditions particulièrement douloureuses. Selon le témoignage rapporté, des asticots avaient envahi ses seins et elle devait elle-même les retirer. Malgré cela, elle gardait l’espoir de guérir et de rester auprès de ses huit enfants. Elle n’a finalement pas survécu.





Il y a également le souvenir de maman Poupy, atteinte d’un cancer aux deux seins. Face à la maladie, elle aurait demandé : « Ma fille, le cancer, c’est quoi ? » La maladie a ensuite atteint son cerveau. Elle est décédée après avoir mené son combat jusqu’au bout.
Un autre témoignage raconte l’histoire d’une femme atteinte à un sein. Lorsque sa fille l’a revue pour la dernière fois, la douleur était devenue insupportable. Les larmes étaient présentes des deux côtés, comme si chacune savait que la maladie était arrivée à un stade critique.
Ces histoires posent une question qui dépasse le seul cadre d’Octobre Rose :
Que devient une femme une fois qu’elle a été dépistée ?
Car sensibiliser au dépistage est essentiel. Encourager les femmes à consulter et à détecter précocement les cancers peut sauver des vies.
Mais le dépistage ne doit pas être la fin du parcours. Il doit en être le commencement.
Une femme dépistée doit pouvoir bénéficier des examens complémentaires nécessaires. Elle doit pouvoir obtenir un diagnostic précis. Elle doit pouvoir accéder au traitement et au suivi médical.
Sinon, le dépistage risque de laisser certaines femmes face à une terrible réalité : elles savent qu’elles sont malades, mais elles n’ont pas les moyens de se soigner.
C’est précisément ce que rappelle aujourd’hui l’histoire de Kéké.
Cette fois, il ne s’agit pas d’un cancer du sein, mais d’un cancer de la vulve. La maladie a profondément atteint ses parties intimes. La douleur est devenue omniprésente et la plaie est décrite comme importante, avec des écoulements et des conditions de vie extrêmement difficiles.
Même aller aux toilettes, un geste ordinaire pour la plupart des personnes, serait devenu pour elle une véritable épreuve.
Et malgré cette souffrance, Kéké continue de demander une chose :
« Maman, je veux vivre. Je ne veux pas mourir. »
Cette déclaration devrait interpeller bien au-delà de son seul cas.
Elle rappelle que derrière les statistiques du cancer, derrière les campagnes et les rubans roses, il y a des femmes qui attendent. Des femmes qui souffrent. Des familles qui cherchent des solutions. Des malades qui espèrent simplement pouvoir accéder à l’examen ou au traitement qui leur donnera une chance supplémentaire.
Aujourd’hui, la prise en charge de Kéké est notamment bloquée au niveau de l’IRM et d’autres examens nécessaires à la poursuite de son parcours médical.
Son histoire permet donc de poser une exigence simple : ne pas seulement dépister les femmes, mais aussi donner les moyens de prendre en charge celles chez qui la maladie est découverte.
Parce qu’une campagne de dépistage sans accès réel aux soins laisse une partie du travail inachevée.
Il faut dépister.
Il faut diagnostiquer.
Il faut traiter.
Il faut accompagner.
Et surtout, il faut éviter que la pauvreté devienne un facteur qui détermine les chances d’une femme face au cancer.
Kéké dit : « Je veux vivre. »
Cette phrase ne devrait pas être entendue comme le simple cri d’une malade. Elle devrait devenir un rappel collectif : lutter contre le cancer, ce n’est pas seulement sensibiliser. C’est aussi faire en sorte que celles qui sont déjà malades puissent accéder aux soins dont elles ont besoin.
Aujourd’hui, Kéké a besoin d’aide pour poursuivre ses examens et sa prise en charge.
Numéro de participation : 077341318
Une contribution peut aider.
Un partage peut permettre à son histoire d’atteindre une personne capable d’intervenir.
Une mobilisation peut contribuer à débloquer une situation.
En ce mois d’Octobre Rose, le message doit donc être plus large :
Oui au dépistage. Mais surtout, oui à une véritable prise en charge des femmes dépistées et de celles qui vivent déjà avec la maladie.
Car lorsqu’une femme dit « je veux vivre », la société ne devrait pas seulement lui répondre par un ruban rose.
Elle devrait lui donner les moyens de se battre.






