Il y a des débats qui peuvent se poursuivre dans la passion, sans pour autant nous faire perdre le sens de la mesure. C’est, en substance, le message adressé par Jean-Frédéric Ndong Ondo à Marlène Efoutame dans une lettre ouverte consacrée à ses récents propos sur Alain-Claude Bilie-By-Nze.
Ayant pris connaissance, avec un certain retard, d’une vidéo dans laquelle Marlène Efoutame prend la défense de l’ancien Premier ministre, Jean-Frédéric Ndong Ondo dit avoir choisi de ne pas répondre à l’ensemble de ses déclarations. Non pas, explique-t-il, par manque d’arguments, mais par respect pour les circonstances et pour le principe selon lequel « on ne tire pas sur une ambulance ».
Un passage précis de la vidéo a cependant retenu son attention : celui consacré à un ancien recteur de l’Université Omar Bongo (UOB) et à un épisode présenté par Marlène Efoutame sous l’angle d’une prétendue affaire de mœurs.
Pour Jean-Frédéric Ndong Ondo, cette présentation pose problème. Il estime que l’histoire de l’UOB, comme celle des hommes et des femmes qui ont contribué à bâtir les institutions gabonaises, mérite mieux que des récits approximatifs ou des anecdotes difficiles à vérifier.
Son reproche est simple : lorsqu’on revient sur des événements anciens et que l’on met en cause l’honneur de personnes, la prudence devrait rester de mise. Surtout lorsqu’aucun élément concret ne vient permettre au public de distinguer le fait établi de la version rapportée.
Mais derrière cette mise au point, il y a surtout une question de respect de la mémoire. Jean-Frédéric Ndong Ondo rappelle que certains des protagonistes de ces périodes appartiennent à une génération qui a construit, parfois dans des circonstances difficiles, les institutions du pays.
Il cite notamment le cas de l’ancien Premier ministre Ona Ondo, dont il souligne la retenue face aux différentes polémiques. Selon lui, celui-ci aurait pu répondre sur le même terrain, mais aurait choisi de préserver une certaine hauteur et de ne pas transformer une affaire sensible en règlement de comptes public.
La lettre prend alors une dimension plus personnelle. Jean-Frédéric Ndong Ondo estime que l’éloignement du pays peut parfois modifier le regard que l’on porte sur les événements. Parler du Gabon depuis l’extérieur est une chose, revenir y vivre et assumer ses paroles face aux réalités quotidiennes du pays en est une autre.
Mais l’auteur ne termine pas sa lettre sur une attaque. Il choisit plutôt de rappeler une vieille sagesse fang : « Pose le cœur ».
Une invitation à calmer les passions, à prendre du recul et à mesurer ses mots.
Car au fond, le message de Jean-Frédéric Ndong Ondo dépasse la seule personne de Marlène Efoutame. Il interpelle une manière de débattre au Gabon où les réseaux sociaux et les prises de parole publiques peuvent parfois transformer des souvenirs, des témoignages et des récits anciens en vérités définitives.
Or, lorsqu’il s’agit de l’histoire d’un pays et de l’honneur de ceux qui l’ont servi, la mémoire mérite certainement mieux que la polémique.
« Pose le cœur » : deux mots simples, mais qui résument peut-être toute la philosophie de cette lettre.






