À quelques jours du lancement de la campagne électorale, le parti Réagir est en ruines. Son ancien président, François Ndong Obiang, a conduit ses militants et candidats droit dans le naufrage politique, laissant derrière lui frustration, pertes financières et humiliations. Mais derrière ce désastre plane une question lourde de sens : et si Ndong Obiang avait « dealé » les places de ses propres candidats ? Avec qui, contre quoi ?
Des hommes et des femmes respectés ont investi leur argent, leur énergie et leur réputation dans des campagnes locales prometteuses. Entre causeries, porte-à-porte, déplacements dans l’arrière-pays et communication, ils ont tout donné pour défendre leurs chances. Aujourd’hui, Ndong Obiang les renvoie à la case départ, évoquant un bicéphalisme interne comme excuse.
La question s’impose : qui va compenser les fortunes englouties, les ambitions brisées et le temps perdu de ces militants ? Certainement pas un chef qui se défausse derrière des phrases creuses : « En politique, on ne met pas les émotions ». Ce n’est pas une question d’émotion, mais de responsabilité. Il doit réparer les dommages, assumer publiquement ses fautes, et redonner un minimum de dignité à ceux qu’il a sacrifiés.
Le comportement de Ndong Obiang alimente les soupçons. Ses réponses méprisantes et incohérentes suggèrent qu’il a pu brader les places de ses candidats, sacrifiant ses militants pour plaire à des alliés ou obtenir des avantages secrets. Qui a profité de la disparition de ces candidats sérieux ? Certainement pas Réagir, qui sort affaibli et divisé. La seule vérité est que, s’il ne répare pas, le soupçon deviendra la seule trace de sa carrière politique.
Trop facile de rejeter la faute sur le contexte ou les alliances adverses. Ndong Obiang ne peut pas fuir sa responsabilité. Il a détruit l’avenir politique de dizaines de personnes et doit maintenant les dédommager, moralement et financièrement. Toute autre posture ne ferait que renforcer l’idée qu’il a sacrifié ses troupes pour des intérêts obscurs, trahissant ses militants avec cynisme.
François Ndong Obiang restera dans les mémoires comme celui qui a coulé Réagir et trahi ses candidats. Mais avant de disparaître derrière son orgueil et ses slogans, il doit payer la facture du naufrage qu’il a orchestré, jusqu’au dernier franc et jusqu’au dernier mot.
