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Macron indésirable au Gabon : le peuple hurle, la société civile muette car bien nourrie

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Quelques mois plus tard, l’histoire confirmait les craintes : les résultats de la présidentielle de 2023 furent à nouveau tronqués, et c’est finalement l’armée qui a mis fin à l’ère Bongo. Le Gabon entrait dans une transition que beaucoup espéraient salvatrice.

Mais très vite, la société civile qui avait crié au scandale s’est transformée. Ceux qui avaient la voix la plus forte sont aujourd’hui aux postes les plus confortables : ministères, sièges au Parlement, commissions nationales, missions officielles. Les mêmes qui défendaient le peuple se sont tus, fascinés par les avantages du pouvoir et les privilèges du système. Les bouches qui mangent ne parlent pas, dit-on. Et le Gabon le vit au quotidien.

Le peuple, lui, n’a jamais été aussi clair. Il voit la justice à deux vitesses, les terres des pauvres spoliées pour enrichir les mêmes familles et castes qu’à l’époque d’Ali Bongo, les emplois accaparés par les amis du pouvoir et la misère qui explose dans les quartiers et villages. Et ce peuple crie. Il crie à l’injustice, à l’abandon, à la trahison. Et il n’est pas dupe : il sait que ceux qui devraient être ses porte-voix, les leaders de la société civile, sont aujourd’hui muets, comblés, rassasiés.

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Dans ce contexte, l’annonce d’un retour de Macron fait l’effet d’une provocation. La France, symbole historique d’ingérence et de Françafrique, revient dans un pays où le peuple ne veut plus d’elle. La colère est palpable partout : dans les taxis, les bars, les marchés, sur les réseaux sociaux. Et elle est d’autant plus forte que ceux qui devraient défendre le peuple ferment la bouche pour ne pas perdre leur place ou leurs privilèges.

Depuis le coup d’État du 30 août 2023, les relations entre Paris et Libreville ont été redessinées, mais elles n’ont pas disparu. Les bases militaires françaises ont été réduites, mais environ 100 soldats restent, discrètement. Une académie militaire gabono-française a été créée, et des contrats économiques d’un milliard d’euros ont été signés à Paris. Officiellement, il s’agit de coopération équilibrée, mais dans les faits, Paris conserve ses leviers d’influence. Pendant ce temps, le peuple souffre, la société civile se tait, et Macron revient comme si de rien n’était.

Le peuple gabonais est clair : il ne veut pas de la France et ne croit plus aux promesses de ceux qui se disent ses représentants. La société civile, autrefois critique, est désormais muette et bien nourrie, fascinée par ses privilèges. Et cette fois-ci, personne ne viendra écrire un courrier poli. Le peuple hurle, et il n’a plus besoin de porte-voix.

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