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Visite de Macron : Mathurin Ovono Ebe met en garde contre le paternalisme et l’ingérence française

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À quelques heures de la visite officielle de Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République française, le Gabon se prépare à accueillir un invité de marque. Pour Mathurin Ovono Ebe, Maître de conférences (CAMES) et Président du SNEC-UOB, cette visite est historique, mais elle soulève des questions cruciales pour la souveraineté nationale.

Selon lui, les Gabonais attendent que le Président Brice Clotaire Oligui Nguema saisisse cette rencontre pour mettre officiellement fin au pacte néocolonial, ce système qui permet à la France de maintenir son influence économique, politique et militaire sur le Gabon depuis 1960. « Le Gabon reste aujourd’hui un exemple extrême de ce système », affirme-t-il, rappelant que des entreprises françaises comme Total dans l’énergie ou Eramet dans le secteur minier continuent de dominer des secteurs stratégiques. L’économie nationale reste largement dépendante des intérêts étrangers, malgré l’indépendance formelle du pays.

Pour Mathurin Ovono Ebe, la domination française ne se limite pas à l’économie. Il évoque le franc CFA comme un instrument majeur de cette dépendance : « Le Gabon ne dispose pas d’une pleine maîtrise de sa politique monétaire. Le franc CFA, rattaché à l’euro, empêche notre pays d’ajuster sa monnaie pour protéger sa production locale ou stimuler ses exportations. » Il insiste aussi sur le contrôle des réserves de change : « La France détient 50 % de nos réserves auprès de son Trésor public. C’est un mécanisme outrageusement avantageux pour elle, même si le Gabon perçoit une rémunération basée sur les taux d’intérêt de la Banque Centrale Européenne. »

L’influence française s’est exercée également sur le plan politique. « Pendant des décennies, Paris a soutenu des régimes favorables à ses intérêts et influencé nos processus politiques », souligne-t-il, précisant toutefois que depuis le 30 août 2023, cette influence est en recul. Il met également en garde contre le paternalisme et l’arrogance de certains dirigeants français, citant l’exemple de Nicolas Sarkozy en 2007 à l’Université Cheikh Anta Diop à Dakar. Selon lui, cette attitude perdure avec Emmanuel Macron, et la jeunesse gabonaise attend que le Président Oligui Nguema exprime clairement son désaccord et sa fermeté : « Le peuple ne vient pas acclamer Macron, il attend que le Gabon affirme sa souveraineté : “le Gabon n’a pas d’amis, il n’a que des intérêts”. »

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Pour Mathurin Ovono Ebe, la visite de Macron n’est pas simplement amicale : « La France cherche à relancer l’exploitation de nos ressources, comme le pétrole, l’uranium ou le manganèse. Le Gabon doit désormais vendre ses matières premières selon ses propres conditions et défendre ses intérêts nationaux. »

Enfin, il affirme que le peuple gabonais soutient pleinement le Président dans cette démarche : « Nous sommes avec vous, Monsieur le Président ! » Ces mots reflètent l’attente populaire d’une parole forte et d’actions concrètes, dans le respect des intérêts nationaux et de la souveraineté gabonaise.

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