Jusqu’ici, le nom avait été volontairement tenu à distance du débat public. Par prudence, mais aussi par souci d’équité. Ce silence vient d’être rompu. Un enseignant de l’Université Omar Bongo (UOB) a décidé de sortir de l’ambiguïté en citant clairement NKEA NDZIGUI, ancien ministre de l’Éducation nationale, parmi les candidats recalés lors du dernier concours du CAMES, tenu du 10 au 21 novembre 2025.
Cette révélation intervient après la publication de notre article intitulé « Zéro au CAMES : l’Université gabonaise prise en flagrant délit d’incompétence », qui a provoqué une onde de choc dans le monde académique. Face aux interprétations hâtives et à l’amalgame entretenu, ce confrère universitaire a tenu à recadrer le débat et à expliquer les véritables raisons de l’échec.
Un zéro réel, mais une responsabilité ciblée
Le constat est implacable : zéro admis pour le Gabon. Un naufrage académique inédit. Mais contrairement à ce que certains discours ont laissé croire, cet échec ne concerne pas l’ensemble de l’Université Omar Bongo, encore moins toutes ses facultés.
Selon l’enseignant, tous les candidats ajournés sont issus de la Faculté de Droit, Sciences Économiques et de Gestion (FDSEG). Les autres composantes de l’UOB, notamment la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines (FLSH), continuent d’afficher des taux de réussite élevés au CAMES, parfois supérieurs à 90 %, et même 100 % lors de certaines sessions.
Quand le prestige supplante l’exigence académique
Le cœur du problème est ailleurs. Toujours selon ce témoignage, la FDSEG souffre depuis des années d’un désengagement progressif de ses titulaires, davantage absorbés par des activités privées lucratives – cabinets d’avocats, conseil juridique, analyses financières – que par l’encadrement académique et la production scientifique.
Résultat : cours et travaux dirigés souvent laissés à la charge des Attachés d’Enseignement et de Recherche, encadrement doctoral fragile, publications peu visibles à l’international. Ce sont précisément ces enseignants de rang inférieur qui ont constitué l’essentiel des candidats au dernier concours d’agrégation du CAMES. Le verdict n’a donc surpris que ceux qui refusaient de voir la réalité en face.
Droit de réponse – publication intégrale
Conformément aux règles du débat contradictoire, nous publions ci-dessous le droit de réponse intégral transmis par un enseignant de l’Université Omar Bongo :
« L’Université Omar Bongo compte trois facultés.
Il convient de préciser que les candidats recalés au dernier concours du CAMES sont tous issus de la Faculté de Droit, Sciences Économiques et de Gestion (FDSEG), et non de l’ensemble de l’institution.
Parmi eux figure notamment NKEA NDZIGUI, ancien ministre de l’Éducation nationale. Il est donc injuste de jeter l’opprobre sur toute l’Université Omar Bongo.
1. Le sujet soulevé par la presse est pertinent, mais il concerne précisément la FDSEG, et non toute l’UOB ;
2. L’Université Omar Bongo comprend également la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines (FLSH), dont les derniers palmarès du CAMES ont affiché un taux de réussite supérieur à 90 %. Les candidatures pour la session 2026 sont en préparation depuis octobre ;
3. La note du recteur de l’UOB reflète aussi sa position d’enseignant à la FDSEG, directement impactée par cette débâcle.
En réalité, plusieurs collègues de cette faculté privilégient leurs activités privées, laissant les Attachés d’Enseignement et de Recherche assurer cours et TD en toute autonomie. Ce sont eux qui furent principalement candidats au dernier concours. Ces résultats doivent servir d’électrochoc pour rétablir l’ordre académique. »
Un échec qui appelle des responsabilités, pas le silence
Le zéro du Gabon au CAMES n’est ni une rumeur ni une manipulation médiatique. C’est un signal d’alarme. La sortie de l’anonymat du nom de NKEA NDZIGUI, ancien ministre chargé de l’Éducation, donne à ce fiasco une portée symbolique lourde : le problème n’est pas seulement académique, il est aussi politique et structurel.
Refuser le débat, c’est préparer d’autres zéros.
Regarder la vérité en face, c’est peut-être sauver ce qu’il reste de l’université gabonaise.
