Bangui, résidence diplomatique française. Derrière les murs d’une représentation censée incarner la France, une affaire pour le moins embarrassante vient de provoquer la réaction du Quai d’Orsay. Bruno Foucher, ambassadeur de France en République centrafricaine, fait désormais l’objet d’une procédure disciplinaire après une enquête administrative interne.
L’affaire rappelle, par certains aspects, le sulfureux scandale qui avait éclaboussé l’ancien haut responsable équato-guinéen Baltasar Ebang Engonga. D’où cette question qui circule désormais : y aurait-il un « Baltazar français » à Bangui ?
Selon les informations rapportées par Le Canard enchaîné, une trentaine de jeunes femmes âgées de 20 à 30 ans auraient été reçues dans les appartements privés de l’ambassadeur, entre janvier 2024 et mars 2026. Certaines de ces visites auraient donné lieu à des relations sexuelles.
Le sujet ne serait donc pas simplement celui de la vie privée d’un diplomate. C’est précisément le contexte qui interpelle : ces rencontres auraient eu lieu au sein même de la résidence diplomatique, un lieu soumis à des impératifs particuliers de sécurité et de confidentialité.
Le Quai d’Orsay a pris l’affaire suffisamment au sérieux pour diligenter une enquête administrative. À son terme, une procédure disciplinaire a été engagée contre le diplomate.
Pour autant, une précaution s’impose : aucune condamnation pénale pour des faits de prédation sexuelle n’a été prononcée contre Bruno Foucher. Le terme « prédateur » relève donc, à ce stade, du registre médiatique et non d’une qualification judiciaire établie.
Mais l’image est déjà désastreuse.
Car au-delà des relations éventuellement consenties, c’est la répétition des visites, leur nombre et le lieu où elles auraient été organisées qui soulèvent des interrogations. Dans une ambassade, les appartements privés d’un représentant de l’État ne sont pas tout à fait un domicile ordinaire.
Le parallèle avec Baltasar Ebang Engonga s’arrête toutefois là. Le scandale équato-guinéen avait pris une dimension spectaculaire avec la diffusion massive de vidéos intimes. À Bangui, il est question d’une enquête administrative, de visites répétées et de relations sexuelles rapportées, mais pas d’un scandale vidéo comparable.
Reste une question embarrassante pour la diplomatie française : comment un ambassadeur peut-il recevoir autant de jeunes femmes dans sa résidence officielle sans que cela finisse par attirer l’attention des services de sécurité et de sa hiérarchie ?
À Paris, désormais, le dossier est entre les mains du Quai d’Orsay.
Et à Bangui, une réputation diplomatique vacille derrière les portes d’une résidence devenue, malgré elle, le théâtre d’une affaire qui fait déjà beaucoup parler.






