Ancien ministre du Pétrole et du Gaz, désormais chargé des Mines et des Ressources Géologiques, Sosthène Nguema Nguema évolue au cœur des secteurs les plus stratégiques du Gabon. Son volontarisme, associé à la volonté présidentielle de transformer la gestion des ressources nationales, lui vaut autant de soutiens que de critiques.
Depuis le changement politique du 30 août 2023, le général Brice Clotaire Oligui Nguema a placé la transformation du Gabon et la défense des intérêts de l’État au centre de son action. Dans les secteurs du pétrole, du gaz et des mines, cette orientation implique davantage de contrôle, de transparence et d’efficacité.
C’est sur cette ligne que s’est inscrit le passage de Sosthène Nguema Nguema au ministère du Pétrole.
Une volonté de transformation qui suscite des résistances
Révision des contrats pétroliers, renforcement des contrôles et volonté de rompre avec certaines pratiques jugées opaques : son action au Pétrole a rapidement été marquée par une volonté de transformation.
Derrière ces mesures se trouve une question essentielle : comment l’État protège-t-il les intérêts du Gabon dans des secteurs où se négocient des ressources considérables ?
Plusieurs observateurs estiment que ce volontarisme a pu heurter certains intérêts et réseaux d’influence installés dans les secteurs stratégiques. Des campagnes médiatiques sont également évoquées dans la contestation entourant aujourd’hui son nom.
Ces éléments doivent toutefois être distingués des faits établis. Une critique reste une critique et une accusation ne constitue pas, à elle seule, une preuve. Le débat porte néanmoins sur une question de fond : les controverses visent-elles seulement les méthodes du ministre ou traduisent-elles aussi des résistances à la modification de certaines pratiques ?
Le siège du ministère du Pétrole au cœur de la polémique
La réhabilitation du siège du ministère du Pétrole illustre cette tension.
Inauguré en 1987 par le président Omar Bongo Ondimba, le bâtiment aurait traversé plusieurs décennies sans rénovation majeure jusqu’en 2023. La nécessité de travaux pouvait donc difficilement être considérée comme anodine.
La polémique porte notamment sur l’attribution du marché de gré à gré à l’entreprise AGES. Une procédure qui soulève, chez certains observateurs, des interrogations sur les conditions de conclusion du marché.
Mais un élément doit également être pris en compte : les travaux ont été validés par la Commission Paritaire de Gérance (CPG), réunissant la Présidence de la République, le ministère de l’Économie et des Finances, le ministère du Pétrole et du Gaz ainsi que les sociétés pétrolières.
Cette donnée replace la décision dans son cadre institutionnel et invite à ne pas présenter automatiquement l’opération comme le choix isolé d’un seul ministre. Reste naturellement la question de la conformité de la procédure, qui doit pouvoir être vérifiée.
Fidélité politique et droit à la critique
Les controverses ont également alimenté l’idée d’un possible éloignement entre Sosthène Nguema Nguema et le chef de l’État. Les éléments disponibles ne permettent toutefois pas d’établir une telle rupture.
Son parcours et les responsabilités qui lui sont confiées l’inscrivent au contraire dans les secteurs centraux de la politique de transformation engagée depuis 2023 : protection des intérêts de l’État, contrôle des ressources et amélioration de l’efficacité administrative.
Cette confiance politique ne signifie évidemment pas qu’un ministre soit à l’abri de la critique. Dans un État qui veut se réformer, les décisions doivent pouvoir être questionnées, les procédures contrôlées et les responsabilités établies.
Critiquer une décision ne signifie donc pas nécessairement combattre celui qui fixe le cap politique.
Le véritable enjeu : les intérêts du Gabon
Au-delà de la personnalité de Sosthène Nguema Nguema, le véritable enjeu reste la capacité de l’État à mieux maîtriser ses ressources, sécuriser ses intérêts et améliorer la gestion de ses secteurs stratégiques.
Son parcours révèle surtout la difficulté de conduire des réformes dans des domaines où les intérêts sont nombreux et parfois anciens. Ceux qui sont chargés de modifier les pratiques héritées du passé se retrouvent naturellement en première ligne face aux critiques, aux interrogations et parfois aux procès d’intention.
Le défi de Sosthène Nguema est désormais de démontrer, par les résultats et la clarté des procédures, que la défense des intérêts de l’État peut devenir une réalité concrète dans les secteurs dont il a la charge.
Car au-delà des querelles de personnes et des batailles d’influence, l’essentiel demeure : le Gabon doit pouvoir tirer le meilleur de ses ressources et s’assurer qu’elles servent prioritairement son développement.
Le débat peut donc porter sur les méthodes, les décisions et les procédures utilisées. Il ne devrait pas, pour autant, transformer automatiquement celui qui est chargé d’appliquer une politique de transformation en adversaire de celui qui en a fixé le cap.
Au bout du compte, le temps politique tranchera les controverses. Mais les ressources, elles, resteront gabonaises.
Et c’est à l’aune de l’intérêt du Gabon que devront être jugés ceux qui les gèrent.






