La vidéo de l’influenceuse « La Mairesse », présentant ouvertement plusieurs sextoys et invitant les femmes à ne plus attendre des hommes qu’ils répondent à leurs besoins sexuels, continue de susciter de vives réactions sur les réseaux sociaux.
Au-delà du débat sur la sexualité, une question mérite désormais d’être posée aux autorités : les mêmes règles s’appliquent-elles aux influenceurs, aux activistes et aux médias ?
Depuis l’adoption du nouveau Code de la communication en 2026, la réponse devrait être claire. La réglementation ne concerne plus seulement la presse traditionnelle. Elle encadre également la communication numérique et les professionnels qui produisent et diffusent régulièrement des contenus sur les plateformes numériques.
L’article 54 impose notamment le respect des bonnes mœurs ainsi que la protection de l’enfant et de l’adolescent. Plus loin, le Code prévoit des mesures pouvant aller de l’avertissement à la mise en demeure, voire à la suspension d’un contenu et à la saisine des juridictions compétentes.
Dès lors, pourquoi la HAC ne pourrait-elle pas au moins examiner cette séquence et entendre l’intéressée afin de déterminer si son contenu entre dans le champ de ces dispositions ?
Le Code pénal mérite également d’être regardé. Son article 313 réprime notamment certains comportements liés à l’exposition, la distribution ou la présentation publique d’objets contraires aux bonnes mœurs, ainsi que certains discours publics de même nature. Mais attention : cela ne signifie pas que la vidéo constitue automatiquement une infraction. Seule une appréciation juridique des faits permettrait de le déterminer.
C’est précisément pour cela qu’une audition ou un examen du contenu pourrait se justifier.
Car lorsqu’un journaliste ou un média est soupçonné d’avoir franchi une limite légale, la procédure peut rapidement s’enclencher : convocation, audition, saisine des autorités judiciaires et, selon les circonstances, poursuites.
Pourquoi cette vigilance serait-elle différente lorsqu’il s’agit d’un influenceur ?
Il ne s’agit ni de réclamer la condamnation de « La Mairesse », ni de remettre en cause sa liberté d’expression. Il s’agit de demander une chose simple : l’égalité de traitement devant la loi.
Si le nouveau Code de la communication donne à la HAC des moyens d’intervention dans l’espace numérique, ces pouvoirs doivent être appliqués sans distinction entre journalistes, influenceurs ou activistes.
La même loi pour la presse. La même loi pour les influenceurs. La même loi pour tous.
C’est maintenant à la HAC et, le cas échéant, au parquet de dire si cette séquence appelle ou non une intervention.
Car en matière de liberté d’expression, l’égalité de traitement vaut mieux que le deux poids, deux mesures.






