L’affaire du brigadier de police Christian Rodrigue Assogo, dont l’état de santé avait suscité une vive émotion sur les réseaux sociaux, connaît un nouveau rebondissement qui interpelle.
Après la diffusion des images montrant le policier dans une situation sanitaire particulièrement préoccupante, une intervention de la Présidence de la République avait été annoncée afin de permettre sa prise en charge médicale et, si nécessaire, son évacuation sanitaire. Une décision qui avait suscité l’espoir de la famille et été largement saluée par l’opinion.
Mais quelques temps plus tard, c’est l’épouse du brigadier qui se retrouve au centre d’une situation pour le moins troublante.
Selon un témoignage vidéo transmis à notre rédaction par le lanceur d’alerte Alexandre Mickodji, la femme aurait reçu un premier appel de personnes se présentant comme mandatées par la Présidence. L’objectif annoncé aurait été de s’enquérir de la situation du brigadier et de voir comment organiser l’aide attendue.
Un second appel lui aurait ensuite indiqué un lieu de rendez-vous. La femme s’y serait rendue, pensant rencontrer des personnes venues concrétiser cette assistance.
Mais, selon son témoignage, ce sont finalement des agents de la Police judiciaire qui se seraient présentés et l’auraient conduite dans leurs locaux pour l’entendre.

Pourquoi cette interpellation ?
C’est la question qui domine désormais cette affaire.
Si la Présidence avait effectivement donné des instructions pour venir en aide au brigadier, pourquoi son épouse aurait-elle été conduite à la Police judiciaire ? S’agissait-il d’une audition dans le cadre d’une procédure précise ? D’une vérification ? Qui avait demandé sa présence et dans quel but ?
Et surtout, les personnes qui l’avaient contactée agissaient-elles réellement au nom de la Présidence ?
À ce stade, ces questions restent sans réponse officielle.
UNE FAMILLE DÉJÀ À BOUT
Derrière cette nouvelle polémique, il y a surtout une famille qui semble vivre une épreuve particulièrement difficile.
Le brigadier est malade. Son épouse affirme désormais avoir été confrontée à une situation qui l’aurait profondément affectée. Selon le témoignage diffusé, elle aurait fait un malaise après son passage à la PJ et aurait été transportée à l’hôpital Amissa.
Toujours selon ce récit, elle aurait ensuite été laissée sur place avec des frais médicaux à régler.
Ces éléments restent à vérifier et les services concernés sont naturellement invités à donner leur version.
Mais humainement, une question demeure : comment une famille déjà fragilisée par la maladie d’un des siens peut-elle se retrouver au cœur d’une telle confusion alors qu’une aide présidentielle était annoncée ?
QUE SE PASSE-T-IL AU SEIN DE LA POLICE ?
C’est probablement le point le plus préoccupant de ce nouveau rebondissement.
Au départ, il y a le cri de détresse d’un policier malade. Puis une mobilisation de l’opinion. Ensuite, l’annonce d’une intervention de la Présidence.
Et maintenant, l’épouse du même policier qui affirme avoir été conduite à la PJ alors qu’elle pensait répondre à un rendez-vous destiné à faciliter l’aide à son mari.
Où se situe le problème ?
La Présidence a-t-elle réellement donné des instructions ?
Ces instructions ont-elles été transmises aux services de police ?
Si elles l’ont été, ont-elles été exécutées comme prévu ?
Ou existe-t-il un malentendu entre les différents services ?
Ce sont des questions simples, mais essentielles.
LA POLICE DOIT PARLER
Dans cette affaire, le silence risque de nourrir toutes les interprétations.
La Police nationale et la Police judiciaire ont aujourd’hui l’occasion d’expliquer précisément ce qui s’est passé. La Présidence peut également confirmer les démarches engagées en faveur du brigadier et préciser, si nécessaire, les services chargés de leur mise en œuvre.
Il ne s’agit pas de condamner qui que ce soit. Il s’agit de comprendre.
Si le récit diffusé sur les réseaux sociaux est inexact, qu’il soit démenti clairement.
S’il résulte d’un malentendu, que les circonstances soient expliquées.
Et si des dysfonctionnements ont réellement eu lieu, il appartient aux autorités compétentes de les identifier et d’y remédier.
UNE PROMESSE D’AIDE QUI DOIT DEVENIR RÉALITÉ
Au-delà de la polémique, l’essentiel reste le brigadier Christian Rodrigue Assogo.
Cet homme a lancé un appel au secours. Sa situation médicale a ému le pays. Une prise en charge présidentielle a ensuite été annoncée.
La famille a désormais besoin de savoir concrètement ce qu’il en est.
Le brigadier est-il effectivement pris en charge ? Son évacuation est-elle engagée ? Qui coordonne son dossier ?
Autant de réponses qui permettraient de mettre fin aux incertitudes.
Le Gabon du 30 août a promis davantage de dignité, de solidarité et de transparence. Cette affaire est peut-être l’occasion de montrer que ces principes ne restent pas des mots.
Un policier malade doit être soigné. Une famille en détresse doit être accompagnée. Et lorsqu’un doute apparaît sur le fonctionnement de l’administration, l’État doit pouvoir répondre par des faits.
La Présidence a annoncé son intervention.
La famille attend désormais de voir cette aide devenir une réalité.
Et le pays attend des explications sur ce qui s’est passé entre-temps.
Affaire à suivre.






