De passage au Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Armel Mouendou, alias Grand Kalley, a échangé avec Geoffroy Foumboula Libeka Makosso sur son parcours politique, les procédures judiciaires engagées et les leçons tirées de plus de trois décennies d’engagement.
Figure connue de l’opposition gabonaise depuis les années 1990, Grand Kalley s’est notamment fait remarquer en 1993 lors d’un meeting d’Omar Bongo à Moabi. Il avait alors publiquement contesté le discours du président-candidat, allant jusqu’à lancer devant lui : « c’est faux, tu as mis le pays à terre ». Un épisode resté associé à son parcours militant.
Son engagement lui aurait également valu de lourdes épreuves après la présidentielle de 2016. Selon le témoignage rapporté par Geoffroy Foumboula, Grand Kalley affirme avoir été enlevé et torturé en 2017, avec feu Stempy et Armel Mbella, avant d’être libéré plusieurs mois plus tard. Il avait alors choisi de rendre publiques ses accusations lors d’une conférence de presse.
Près de dix ans après ces événements, le militant dit vouloir poursuivre son combat autrement. À Geoffroy Foumboula, il a notamment livré trois enseignements : défendre des convictions plutôt que des personnes, éviter les insultes et privilégier les voies administratives et judiciaires.

Les deux hommes ont également évoqué ce que Grand Kalley considère comme les revirements de certains acteurs de la vie politique gabonaise, estimant que les positions peuvent rapidement changer au gré des circonstances et des intérêts.
Au-delà de la politique, l’échange a aussi porté sur une préoccupation beaucoup plus personnelle : sa famille. Depuis 2017, son épouse et ses enfants vivent hors du Gabon. Grand Kalley affirme désormais consacrer une partie de ses efforts à créer les conditions de leur retour au pays.
Pour Geoffroy Foumboula, cette rencontre s’inscrit dans la continuité d’un engagement ancien en faveur de Grand Kalley, notamment durant la période où celui-ci avait disparu après les événements de 2017.
Après les épreuves, Grand Kalley entend donc poursuivre son combat sans renier ses convictions, mais en privilégiant désormais le droit, la raison et les démarches institutionnelles.





