Le 17 août, Brice Clotaire Oligui Nguema s’est adressé aux Gabonais avec un discours qui se voulait différent. Le chef de l’État a parlé des réalisations, mais aussi des difficultés qui continuent de peser sur la vie quotidienne.
Et c’est justement là que son discours devient intéressant.
Car derrière les grandes phrases et les cérémonies officielles, une question reste dans toutes les têtes : le Gabon est-il réellement en train de changer ou les Gabonais doivent-ils encore attendre ?
Le président l’a lui-même reconnu : « le temps des promesses doit céder la place au temps des preuves ».
La formule est forte. Elle l’engage surtout personnellement.
DES CHANTIERS, MAIS UNE VIE QUOTIDIENNE QUI ATTEND
Oligui Nguema a rappelé les nombreux chantiers engagés : routes, Palais des Congrès, cité administrative, centres de santé, infrastructures militaires et diplomatiques.
Personne ne peut nier que le pays change par endroits.
Mais pour le Gabonais qui se réveille chaque matin avec une coupure d’électricité, qui cherche de l’eau, qui peine à trouver un emploi ou qui doit faire face au coût de la vie, le changement se mesure autrement.
Il ne se mesure pas seulement à la taille d’un bâtiment inauguré.
Il se mesure à ce qui améliore concrètement la vie des familles.
Le président a d’ailleurs reconnu que la situation de l’eau et de l’électricité n’était « pas acceptable ».
C’est probablement l’un des passages les plus importants de son discours.
Parce qu’une famille qui passe des heures sans électricité ne vit pas une statistique. Elle vit un problème.
LA JEUNESSE ATTEND PLUS QU’UN DISCOURS
Le président a aussi beaucoup parlé de la jeunesse, qu’il considère comme la première richesse du Gabon.
Former les jeunes, développer les métiers de l’hôtellerie, renforcer les universités et encourager les formations en Afrique : l’ambition est louable.
Mais une question demeure : après la formation, que fait-on de ces jeunes ?
Un jeune diplômé ne demande pas forcément qu’on lui garantisse un poste. Il demande surtout qu’on lui donne une chance de travailler, d’entreprendre et de construire sa vie.
C’est là que le Gabon devra encore faire ses preuves.
L’INDÉPENDANCE : LE MOT EST LANCÉ
Autre idée forte du discours : l’indépendance ne doit plus être seulement politique.
Pour Oligui Nguema, le Gabon doit aussi conquérir son indépendance économique, énergétique et sociale.
Sur le papier, le projet est ambitieux.
Mais le vrai débat commencera lorsque les contrats, les investissements et les partenariats produiront des résultats visibles pour la population.
Car les Gabonais veulent savoir une chose très simple : qu’est-ce que ces grands accords changent dans leur vie ?
LE « TEMPS DES PREUVES » A COMMENCÉ
Au final, le discours du 17 août ressemble presque à un rendez-vous que le président vient de fixer avec son propre bilan.
Il promet de corriger les retards, d’établir les responsabilités et de poursuivre les réformes.
Très bien.
Mais si le temps des preuves est réellement arrivé, alors les responsables des échecs devront eux aussi rendre des comptes.
Les Gabonais ont suffisamment entendu parler du Gabon de demain.
Ils veulent maintenant pouvoir le constater aujourd’hui.
De l’eau dans les robinets. De l’électricité dans les maisons. Des routes praticables. Des emplois pour les jeunes. Des soins accessibles. Une justice qui s’applique à tous.
C’est peut-être cela, au fond, le véritable baromètre du discours présidentiel.
Parce qu’après les belles paroles, les discours et les promesses, le peuple attend simplement de pouvoir dire : oui, cette fois, quelque chose a vraiment changé.






