Quatre cambriolages en neuf mois, dont deux au cours du seul mois d’août 2026. Des ordinateurs emportés, un coffre-fort forcé, des bureaux saccagés et le système de vidéosurveillance neutralisé. À la mairie de Ndzomoë, l’inquiétude a laissé place à la colère et à l’incompréhension. Qui veut donc faire sombrer cette petite commune déjà en manque de moyens ?
Depuis l’installation du nouveau conseil municipal en novembre 2025, la mairie de Ndzomoë, dans le Komo-Océan, vit au rythme des mauvaises surprises. Ses services, installés provisoirement à Lalala-Dakar, dans le 5ᵉ arrondissement de Libreville, faute d’infrastructures suffisantes dans la commune, sont devenus la cible répétée d’individus dont les motivations restent inconnues.
Dirigée par le maire Harris Jean Chad Ayo Owondo, cette commune aux ressources modestes tentait pourtant de prendre un nouveau départ. À son arrivée, le nouvel édile s’était fixé pour ambition de restructurer et de moderniser les services municipaux, malgré des finances particulièrement fragiles. Réaménagement des bureaux, amélioration du fonctionnement administratif, ouverture aux opérateurs économiques et réflexion sur le développement local : l’équipe municipale voulait manifestement changer l’image d’une commune souvent considérée comme une « Cendrillon ».
Mais alors que cette dynamique commençait à peine à prendre forme, les cambriolages sont venus briser cet élan. Quatre intrusions en seulement neuf mois, dont deux en août 2026 : le chiffre est suffisamment alarmant pour susciter de sérieuses interrogations. À chaque passage, les dégâts s’accumulent : ordinateurs dérobés, bureaux du maire et de ses adjoints fouillés et saccagés, coffre-fort forcé, dispositif de vidéosurveillance neutralisé et arraché.
La répétition des faits est d’autant plus troublante que les auteurs semblent connaître les lieux. Sans préjuger des conclusions d’une éventuelle enquête, une question se pose naturellement : s’agit-il de simples cambriolages opportunistes ou les malfaiteurs viennent-ils chercher quelque chose de précis ?
Pendant ce temps, le personnel municipal travaille avec la peur au ventre. Pour une mairie qui dispose déjà de ressources limitées, chaque équipement volé représente une perte considérable et chaque nouvelle intrusion fragilise davantage une administration qui tente péniblement de se moderniser.
Face à cette situation, le silence et l’absence apparente de résultats deviennent eux-mêmes préoccupants. Après quatre cambriolages, la sécurisation des locaux municipaux ne devrait-elle pas être devenue une priorité absolue ? Et combien faudra-t-il encore d’intrusions avant qu’une réponse véritablement efficace ne soit apportée ?





L’état de la mairie après l’assaut des bandits
La balle est désormais dans le camp des autorités compétentes. La tutelle, les services de sécurité et l’ensemble des responsables chargés de la protection des édifices publics sont interpellés. Il est urgent de faire toute la lumière sur ces cambriolages, d’identifier leurs auteurs et surtout de mettre fin à cette série qui plonge la mairie dans la psychose.
Ndzomoë n’est peut-être qu’une petite commune aux moyens modestes, mais elle reste une institution publique. Elle mérite d’être protégée comme telle. Car à force d’être dépouillée, la « commune Cendrillon » risque de ne plus avoir grand-chose à offrir à ceux qui tentent encore de croire en son avenir.
Quatre cambriolages en neuf mois : simple série de faits divers ou inquiétant signal d’alarme ? À Ndzomoë, la question reste entière.





