Une nouvelle tension monte entre la mairie de Libreville et les transporteurs suburbains. Réunis le samedi 23 août 2025 au site d’embarquement de Nzeng-Ayong, les opérateurs économiques et la Fédération syndicale FEGASTAR, dirigée par Albert Bernard Bongo, ont dénoncé les « méthodes brutales » de l’hôtel de ville et annoncé une grève pacifique pour le 25 août.
Un bras de fer autour des taxes et des compétences
À l’origine du conflit, la décision précipitée de la mairie d’arraisonner tout transporteur refusant de collaborer avec ses agents. Une mesure jugée arbitraire par les acteurs du secteur, qui rappellent déjà s’acquitter de nombreux prélèvements : timbres journaliers, taxes de propreté, frais de badges et expertises.
Mais surtout, les transporteurs s’appuient sur une réalité juridique : ils travaillent déjà avec des gestionnaires mandatés par le ministère des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique. Pour eux, la mairie n’a pas compétence à interférer dans ce domaine.

Pour mettre fin au désordre, le syndicat a saisi le ministère des Transports. Celui-ci s’est montré favorable à leurs revendications et a ouvert un dossier, en cours de traitement, conformément à la nouvelle Constitution.
En attendant une décision définitive, les transporteurs estiment qu’il serait logique de suspendre les opérations de la mairie. Mais cette dernière refuse, créant un climat de tension qui pourrait rapidement dégénérer.


Une grève pacifique pour se faire entendre
Afin d’éviter tout affrontement et de contraindre la mairie à revoir sa position, la Fédération FEGASTAR et les transporteurs suburbains annoncent une grève pacifique à compter du 25 août. « Nous voulons attirer l’attention des plus hautes autorités, car les agissements de la mairie ne respectent ni l’ordre public, ni les lois de la République », ont-ils déclaré.
Cette mobilisation vise à mettre en lumière les pratiques jugées illégales de l’hôtel de ville, tout en réclamant un cadre clair pour l’exercice du transport suburbain. Entre taxes multiples, chevauchements de compétences et refus de dialogue, le secteur s’enlise dans une crise que seule une intervention ferme des autorités centrales semble pouvoir dénouer.





