Derrière cet acronyme technocratique se cache une réforme de fond : remettre de l’ordre dans une machine administrative longtemps critiquée pour son opacité, ses incohérences et surtout son inadéquation flagrante entre les profils des agents et les postes occupés.
Relancé sous l’impulsion directe de la ministre, avec l’appui technique de la Banque mondiale, le RIMEG entend corriger une anomalie structurelle bien connue au Gabon : des fonctions occupées sans réelle correspondance avec les compétences, générant inefficacité, frustration et gaspillage des ressources publiques.
Concrètement, le dispositif repose sur une architecture claire : 17 domaines fonctionnels et 141 emplois de référence, tous codifiés. Une première dans l’histoire administrative du pays. Cette nomenclature vise à instaurer une lecture lisible et homogène des métiers de l’État, là où régnaient jusqu’ici approximations et bricolages.
Mais au-delà de la classification, c’est toute la philosophie de gestion des ressources humaines qui est en jeu. Le RIMEG ambitionne d’introduire une véritable gestion prévisionnelle des effectifs, des emplois et des compétences (GPEEC), permettant enfin d’anticiper les besoins, d’optimiser les recrutements et de mieux orienter les carrières.
Lors de la présentation, Laurence Ndong n’a pas manqué de replacer cette réforme dans une vision politique plus large, portée par le Président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema. Objectif affiché : bâtir une administration moderne, performante et tournée vers les résultats, en phase avec les ambitions de la Cinquième République.
En filigrane, le message est clair : l’époque des nominations hasardeuses et des carrières improvisées doit progressivement céder la place à une logique de compétence et de mérite.
La prochaine étape est déjà annoncée. Un atelier stratégique se tiendra le 30 avril 2026, réunissant membres du gouvernement, secrétaires généraux, responsables RH et acteurs clés des secteurs régaliens. Une rencontre qui devrait acter la validation du RIMEG et ouvrir la voie à son déploiement concret.
Reste désormais le plus difficile : passer du papier à la réalité. Car si le RIMEG promet une administration plus rationnelle et plus efficace, sa réussite dépendra de la capacité des autorités à imposer cette nouvelle discipline dans un système longtemps habitué aux arrangements.
Une chose est sûre : avec ce projet, le Gabon s’attaque enfin à l’un de ses maux les plus profonds le désordre structurel de son administration. Et cette fois, la réforme semble vouloir aller jusqu’au bout.





