Depuis plusieurs semaines, le directeur général de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA), Jean Delors Biyogue Bi Ntougou, est la cible d’une série d’accusations relayées par certains activistes et médias en ligne.
Mauvaise gestion, dépenses excessives, confiscation de matériel, malversations… Les accusations se succèdent à un rythme effréné. Pourtant, jusqu’à présent, aucune preuve publique n’est venue les étayer et aucune décision de justice n’a confirmé ces allégations.
Une question s’impose alors : à qui profite cette campagne ?
Car, pendant que certains s’emploient à jeter le discrédit sur le directeur général, beaucoup oublient de rappeler qu’à son arrivée, l’AGASA était une institution relativement discrète. Aujourd’hui, l’agence est davantage présente sur le terrain. Les opérations de contrôle se sont intensifiées, les missions de sensibilisation se sont multipliées, une vision stratégique baptisée « Ambition 2026 » a été lancée et des partenariats techniques ont été engagés afin de moderniser l’institution et de rapprocher le Gabon des standards internationaux en matière de sécurité alimentaire.

Les réformes dérangent souvent. Lorsqu’une administration change ses méthodes, renforce ses contrôles et impose davantage de rigueur, certains intérêts peuvent être contrariés. Sans préjuger des motivations des uns et des autres, ce contexte mérite néanmoins d’être pris en considération.
Dans l’interview qu’il a accordée à un média de la place, Jean Delors Biyogue Bi Ntougou a rejeté plusieurs accusations qu’il considère comme infondées. Il a surtout attiré l’attention sur un élément troublant : selon lui, certaines informations diffusées sur les réseaux sociaux ne pouvaient provenir que de sources internes à l’AGASA, tant elles concernaient des documents ou des données confidentielles.
Cette déclaration soulève une interrogation majeure : comment des informations présentées comme internes se retrouvent-elles dans le débat public, parfois déformées ou sorties de leur contexte ?
Si cette affirmation est exacte, elle pourrait révéler l’existence de fuites internes. Toutefois, elle ne permet pas, à elle seule, d’identifier les auteurs de ces divulgations ni leurs motivations. Il appartient donc aux autorités compétentes de faire toute la lumière sur cette situation.
Une démocratie digne de ce nom ne peut accepter que la réputation d’un responsable public soit détruite par des accusations non démontrées. La critique est légitime lorsqu’elle repose sur des faits vérifiés. En revanche, les procès médiatiques, les rumeurs et les campagnes de dénigrement ne sauraient se substituer au travail de la justice.
Au moment où l’AGASA affiche une ambition de modernisation et de renforcement de la sécurité alimentaire, les Gabonais sont en droit de se poser une question simple : assistons-nous à une succession de révélations fondées ou à une campagne destinée à affaiblir un dirigeant qui a entrepris de changer les pratiques au sein de son administration ?
Tant que des preuves concrètes n’auront pas été apportées, chacun conservera le droit de se faire sa propre opinion.





