À Nzeng-Ayong, la colère des habitants monte presque autant que les eaux que ce nouveau pont est censé canaliser. Après une année de travaux, les usagers découvrent une infrastructure que beaucoup jugent loin des standards annoncés par les autorités.
Chaussée irrégulière, finitions approximatives, passages d’eau mal conçus, contours improvisés, esthétique contestée : pour de nombreux riverains, le constat est sévère. Certains dénoncent un ouvrage “honteux”, tandis que d’autres estiment qu’il donne l’image d’un chantier inachevé plutôt que d’une réalisation moderne.
Malgré ces critiques visibles dès l’ouverture, les autorités ont choisi de mettre le pont en circulation, provoquant incompréhension et interrogations chez plusieurs habitants.
Pourquoi une telle précipitation ? Comment un ouvrage présentant autant de défauts apparents a-t-il pu être validé ? Et surtout, comment concilier ce type de réalisation avec les discours officiels promettant rupture, rigueur et respect des normes dans la 5ᵉ République ?
À Nzeng-Ayong, beaucoup ont le sentiment de revoir de vieilles pratiques habillées de nouveaux slogans. Sur le terrain, plusieurs habitants estiment que les infrastructures livrées restent loin des ambitions affichées par les autorités.
La polémique s’est encore amplifiée après la diffusion d’un reportage élogieux par une chaîne publique présentant le pont comme une réussite exemplaire. Images valorisantes, commentaires enthousiastes, mise en scène maîtrisée : pour de nombreux citoyens, le contraste avec la réalité vécue quotidiennement est frappant.
Dans plusieurs quartiers, certains dénoncent désormais une communication politique davantage destinée à protéger les responsables qu’à informer objectivement la population.


Et c’est là que le malaise devient plus profond. Car lorsqu’un média public apparaît déconnecté de la réalité du terrain, la confiance des citoyens envers les institutions s’effrite davantage.
De nombreux habitants appellent désormais le président à venir constater lui-même l’état réel du pont, sans protocole ni mise en scène officielle, afin de mesurer directement les critiques exprimées par les populations.
Au-delà de l’ouvrage lui-même, c’est aujourd’hui toute une question de crédibilité qui se pose : celle des contrôles techniques, des médias publics et des promesses de changement répétées depuis l’avènement de la 5ᵉ République.
À Nzeng-Ayong, ce pont dépasse désormais le simple cadre d’une infrastructure. Pour beaucoup, il est devenu le symbole d’un pays lassé des inaugurations précipitées, des travaux approximatifs et des réalités maquillées.





