Au Gabon, la modernisation ne semble décidément épargner aucun secteur… pas même la forêt. Désormais, le gibier pourrait bien entrer dans une nouvelle ère : celle de la paperasse. Boa, singe ou porc-épic, tout ce petit monde sauvage serait bientôt invité à présenter ses « documents en règle » avant de terminer dans la marmite familiale.
Le ministère des Eaux et Forêts, avec l’appui de partenaires internationaux, ambitionne en effet de structurer la filière de la viande de brousse. L’objectif affiché est sérieux : mieux encadrer la chasse, sécuriser la commercialisation et rendre la chaîne plus traçable. Mais sur le terrain, l’annonce fait sourire… jaune.
Car une question simple s’impose : comment contrôler ce qui, par nature, échappe déjà au contrôle ? Dans de nombreux villages, la viande de brousse ne passe ni par les marchés, ni par les circuits commerciaux. Elle sort directement de la forêt pour rejoindre les marmites, sans détour administratif ni formulaire en trois exemplaires.
Imaginer un boa avec un dossier complet, ou un porc-épic muni d’un certificat de conformité, relève donc d’un exercice d’humour administratif assez avancé. Et pourtant, le projet est bien réel dans ses ambitions de régulation.





Désormais, le gibier pourrait bien entrer dans une nouvelle ère : celle de la paperasse. Boa, singe ou porc-épic, tout ce petit monde sauvage serait bientôt invité à présenter ses « documents en règle » avant de terminer dans la marmite familiale.
Entre les routes forestières, les villages reculés et les habitudes de consommation locales, la traçabilité du gibier ressemble à un puzzle difficile à assembler. Les autorités pourront sans doute surveiller les marchés urbains, mais suivre chaque morceau de viande jusqu’à la casserole relève presque de la fiction réglementaire.
Pendant ce temps, le quotidien reste le même dans les zones rurales : la chasse reste une activité de subsistance, et la viande de brousse une ressource alimentaire essentielle. Le décalage entre les ambitions administratives et la réalité du terrain promet donc encore quelques incompréhensions… et beaucoup de débats.
Une chose est sûre : au Gabon, même la forêt commence à découvrir les joies du formulaire.





