Ils se présentent comme des soutiens inconditionnels d’Oligui Nguema. Sur les réseaux sociaux, certains activistes multiplient pourtant les sorties virulentes contre la présence étrangère au Gabon, au nom du patriotisme et de la défense de la politique du chef de l’État.
Le problème n’est pas de dénoncer l’immigration irrégulière. Le Gabon a parfaitement le droit de contrôler ses frontières et de faire respecter ses lois. Le problème commence lorsque la lutte contre l’irrégularité tend à se transformer en amalgame entre étrangers et menaces pour le pays. À vouloir faire le buzz et se présenter comme les « vrais patriotes », certains risquent de brouiller le véritable débat.
Et surtout, ils offrent un boulevard aux détracteurs du Gabon. Des images ou propos excessifs peuvent facilement être utilisés pour raconter que les Gabonais seraient devenus xénophobes ou que le Gabon rejetterait les étrangers. Une lecture qui ferait oublier une réalité pourtant simple : il faut distinguer l’étranger en situation irrégulière de celui qui travaille, étudie, entreprend ou vit légalement au Gabon.
Voilà pourquoi ce soutien peut devenir un cadeau empoisonné pour Oligui Nguema. Une politique migratoire sérieuse doit s’appuyer sur des chiffres, des contrôles et la loi, pas sur les emballements des réseaux sociaux. Si ces activistes veulent réellement soutenir le chef de l’État, ils devraient contribuer à renforcer son action plutôt qu’à fournir à ses détracteurs des arguments contre le Gabon. Le patriotisme n’est pas une course au buzz.
Le Gabonais doit donc rester vigilant : défendre son pays, oui ; stigmatiser l’étranger, non. Soutenir l’action de l’État, oui ; laisser la passion remplacer le droit, non. Le véritable patriotisme consiste aujourd’hui à aider le Gabon à construire une politique migratoire ferme, juste et respectueuse de ses lois.





