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« Gabon d’abord » ou « Gabon dernier » ? Le scandale du marché Isaac »

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On nous avait promis un marché flambant neuf, vitrine de la modernité et tremplin pour l’économie locale. On nous a livré… un chef-d’œuvre de favoritisme, de gestion brouillonne et de diplomatie municipale à sens unique.

Le débarcadère Isaac, tout beau, tout neuf, devait être le royaume des commerçants locaux, en particulier des femmes gabonaises. Mais à l’ouverture, surprise : les “reines” de ce royaume sont surtout étrangères, majoritairement venues d’Afrique de l’Ouest. Les commerçantes locales, elles, ont été priées de regarder la fête… depuis la porte.

Et comme si cela ne suffisait pas, Tata Bertille la vigie nationale – a débarqué sans prévenir, smartphone en main, pour immortaliser la scène. Résultat : des vidéos virales montrant une majorité étrangère derrière les étals. Effet secondaire immédiat : montée de tension, indignation, et une nouvelle saison de la série “Les Gabonais pris pour des figurants chez eux”.

Cerise sur le gâteau, certains influenceurs venus des pays d’origine de ces heureuses élues se sont sentis pousser des ailes :
– « Les Gabonais sont paresseux »
– « Nous allons envahir le pays »
Oui, rien que ça. L’arrogance, sponsorisée par l’opacité administrative locale, vient de se hisser au rang de sport national.

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Et la mairie dans tout ça ? Elle médite. En silence. Aucun mot sur les critères d’attribution des étals, aucune explication. Mais beaucoup y voient déjà la trame d’un scénario bien connu : favoritisme, clientélisme, et cette bonne vieille obsession pour les recettes en espèces plutôt que pour l’équité.

Ci-dessus, le marché Isaac


Sauf que cette fois, un certain Geoffroy Foumboula Libéka, député de la transition et 4e vice-président de l’Assemblée nationale, a décidé de sortir la plume patriotique :

« Dire Gabon d’abord, ce n’est pas être xénophobe. C’est respecter la loi. Certaines activités économiques sont réservées aux nationaux et doivent le rester. Il faut prévoir des budgets dans la loi de finances 2026 pour protéger nos commerçants, formaliser l’informel et éviter que nos marchés ne deviennent des zones franches d’injustice. »

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Il précise que l’apport des étrangers est précieux… mais que le Gabon n’est pas un self-service économique à ciel ouvert. Et qu’il serait temps que des mairies, aux oreilles parfois sélectives, l’entendent.

Aujourd’hui, le marché Isaac est moins un espace de commerce qu’un miroir tendu à notre hypocrisie institutionnelle. On y vend des légumes, mais aussi, apparemment, la fierté nationale au kilo. Si rien n’est fait, le seul “produit local” qu’il restera à Lambaréné, ce sera la colère.

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