Il aura fallu une décision ferme du gouvernement pour que le vernis craque enfin dans le football gabonais. En suspendant le processus électoral de la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT) et en exigeant la mise en conformité immédiate des instances, les autorités viennent de poser un acte que beaucoup redoutaient, mais que d’autres appelaient de leurs vœux depuis longtemps.
Dans ce séisme institutionnel, un nom refait surface avec insistance : celui de Sylvestre Engohang. Hier encore contesté, parfois moqué par les soutiens inconditionnels de Pierre Alain Mounguengui, il apparaît aujourd’hui comme celui qui avait tout anticipé.

Une décision d’État qui donne raison aux alertes ignorées
La suspension de l’élection du président de la FEGAFOOT par le ministère des Sports n’est pas un geste anodin. Elle repose sur un constat sévère : irrégularités administratives, non-conformité des structures, et désordre organisationnel devenu structurel.
Ce que certains qualifiaient hier d’« ingérence », est désormais assumé comme une mesure de salubrité publique. Le gouvernement entend remettre de l’ordre dans un système jugé défaillant, rappelant que la conformité juridique n’est pas négociable.
Et c’est précisément là que les analyses de Sylvestre Engohang prennent une dimension particulière.
Engonhang, l’homme qui lisait le droit là où d’autres voyaient une forteresse intouchable
Dans un libre propos passé presque inaperçu à l’époque pour certains, Engohang avait déroulé une démonstration juridique implacable : la FEGAFOOT n’est ni un État dans l’État, ni une zone de non-droit.
S’appuyant sur la loi n°35/62, les décrets régissant le sport gabonais et le principe de délégation de service public, il rappelait une évidence que beaucoup refusaient d’entendre : la Fédération agit au nom de l’État, avec des fonds publics, et sous tutelle républicaine.
Aujourd’hui, les faits lui donnent raison point par point.
“Ce n’était pas une opinion, c’était une lecture du droit”
Là où ses détracteurs affirmaient que l’État ne pouvait intervenir, Engohang rappelait le contraire : en cas de dysfonctionnement grave, de mise en péril de l’intérêt national ou d’atteinte à la gouvernance du sport, les autorités disposent pleinement du droit d’agir.
Les textes sont clairs : contrôle, évaluation, suspension, voire normalisation. Tout est prévu par le cadre réglementaire. Rien n’a été improvisé.
Ce que certains présentaient comme une posture radicale apparaît aujourd’hui comme une simple lecture juridique rigoureuse.
Le mythe de l’intouchabilité balayé
Pendant des années, une partie des soutiens de l’ancienne gouvernance de la FEGAFOOT a défendu l’idée d’une autonomie totale, presque sacrée, de l’institution. Toute critique était perçue comme une attaque contre le football lui-même.
Mais la décision du gouvernement vient rebattre les cartes : l’intérêt national prime, et la gestion du football ne peut s’extraire de la légalité républicaine.
Dans ce contexte, les positions d’Engohang apparaissent moins comme une opposition que comme une mise en garde ignorée.

Une vision devenue réalité
Aujourd’hui, la suspension du processus électoral, la mise sous conformité et la perspective d’une restructuration profonde donnent un écho particulier à ses analyses.
Ceux qui l’avaient contredit sur le terrain du droit et des compétences institutionnelles se retrouvent confrontés à une réalité simple : l’État a tranché dans le sens qu’il avait anticipé.
Quand le temps devient juge
Dans cette séquence, une leçon s’impose avec force : le droit finit toujours par rattraper les rapports de force.
Sylvestre Engohang, hier marginalisé dans le débat, apparaît aujourd’hui comme celui qui avait compris avant les autres que la FEGAFOOT ne pouvait se soustraire indéfiniment aux exigences de la République.
Et pendant que le football gabonais entre dans une phase de recomposition sous contrôle de l’État, une phrase résonne en filigrane : parfois, ceux qu’on conteste le plus sont simplement ceux qui avaient raison trop tôt.






