On croyait le démon exorcisé. On croyait le monstre abattu. On croyait le Parti Démocratique Gabonais (PDG), ce vieux vampire qui a bu le sang du peuple pendant plus de 50 ans, enfin enterré dans la poussière de l’histoire. Mais voilà qu’il revient, maquillé, parfumé, et mieux encore… invité dans le lit même de son bourreau !
Oligui Nguema, l’homme qui avait été célébré comme le libérateur, le sabre qui avait décapité la pieuvre Bongo-PDG, semble aujourd’hui donner la main à ceux qu’il disait avoir chassés. Les Gabonais, qui avaient cru voir un vrai « coup d’État », se demandent désormais s’ils n’ont pas simplement assisté à une révolution de palais, une réorganisation familiale, ou pire… une mascarade politique.
Car le spectacle est grotesque : voilà que le PDG, jadis honni, fait désormais campagne pour l’UDB d’Oligui. Mieux encore, grâce à des accords obscurs conclus dans l’ombre, l’UDB s’efface docilement dans plusieurs circonscriptions pour laisser la voie libre aux PDGistes. Résultat : des candidatures uniques, des députés proclamés sans combat. Une parodie électorale, version « Gabon, saison 2 ».
À Ngouoni, terre symbolique du chef de l’État, c’est Jeannot Kalima du PDG qui est servi sur un plateau. Pas d’adversaire, pas de suspense, pas même besoin de bulletin : député d’office ! À Ntoum, Koulamoutou, Mandji Doulou, le scénario se répète avec Carmelia Ntoutoume, Blaise Louembet et Jean François Ndougou. Tous PDGistes, tous « élus » avant l’heure, pendant que l’UDB, le parti du Président, se retrouve réduit au rôle de figurant dans son propre film.
Ironie du sort : le parti censé avoir été chassé pourrait bien finir majoritaire à l’Assemblée nationale. Oui, vous avez bien lu : les fossoyeurs de la nation sont en train de se rhabiller en héritiers légitimes, avec la bénédiction de celui qui les avait envoyés dans la fosse.
Alors, la vraie question se pose : le général Oligui est-il prisonnier du PDG, complice du PDG… ou bien carrément membre honoraire du PDG ?
Car jamais dans l’histoire politique mondiale, un pouvoir déchu n’est revenu faire allégeance à son tombeur. Sauf au Gabon, ce pays où les démons ressuscitent, où les fossoyeurs se recyclent en bâtisseurs, et où l’espoir du peuple se transforme trop souvent en mauvaise blague.
À force de deals nocturnes, d’arrangements de couloir et de calculs sordides, le peuple risque de découvrir que le coup d’État n’était peut-être pas une rupture, mais juste un changement de logo.
La vérité est cruelle : aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si l’UDB est au pouvoir. La vraie interrogation est de savoir si le pouvoir n’est pas… toujours au PDG.
