Ce procès ressemble à un spectacle macabre, une humiliation nationale, un crachat en plein visage des Gabonais qui souffrent chaque jour. Pendant que le peuple meurt faute de soins, de routes, d’écoles ou d’emploi, les voleurs à col blanc paradent, exposant leurs trésors comme des trophées. Villas, voitures, comptes bancaires : tout y passe, exhibé fièrement, comme si piller le Gabon était un art ou un droit de naissance.
Le témoignage du prévenu Otha a révélé le partage grotesque de l’argent public. Une opération qui a réduit la dette fiscale d’Asala de 22 milliards à 10 milliards a été transformée en buffet géant pour les complices :
- M.Pascal OGOWE SIFFON: 250 millions
- M. Essingonne-Joseph Lapensée : 150 millions
- M. Pamelo Mba-Akouré : 150 millions
- M. Ghislain OTSOBI : 100 millions
- M. Ndoum : 150 millions
- Paul N˚2 ABESSOLO ESSO’O MINTO’O : 150 millions
- M. Constant MOUNGOUNGOU : 150 millions
Un milliard et quelques poussières, redistribué dans le secret des comptes bancaires, pendant que les contribuables continuaient de payer la facture. Et le plus révoltant ? Tous ces bénéficiaires sont toujours en fonction, intouchables, indifférents, poursuivant leur carrière comme si rien ne s’était passé.
Pendant ce temps, le peuple regarde, impuissant. Les hôpitaux sont des morgues, les écoles des hangars, les routes des pistes d’obstacles. Mais les prédateurs, eux, continuent de se promener, protégés, respectés, admirés même par ceux qu’ils ont trahis. Le pillage du Gabon n’est pas un accident : c’est un système, un mode de gouvernance déguisé en administration.
Ce procès n’aura une véritable valeur que si tous les noms cités, tous, sans exception, sont arrachés à leurs fauteuils et confrontés à la justice. Sinon, il ne restera qu’un spectacle de cirque, un carnaval macabre où les voleurs jouent les victimes et le peuple pleure ses milliards volés.





