Près de 5 milliards de FCFA : c’est le montant que la Cour des comptes devrait à La Poste gabonaise, selon des informations rapportées par Media Afrique News. Une dette qui serait notamment liée à l’occupation des locaux abritant l’institution.
Si ce montant est confirmé, des explications sont évidemment nécessaires. La Cour des comptes, chargée de contrôler la gestion des deniers publics, peut-elle elle-même accumuler une telle dette envers un organisme public sans que la situation soit clarifiée ?
Mais l’affaire ne s’arrête pas là.
La Poste gabonaise est elle-même au cœur d’importantes obligations financières, notamment envers ses épargnants. L’État a récemment engagé le remboursement des épargnants de PosteBank, avec une première enveloppe de 10 milliards de FCFA, sur une créance globale dépassant 32 milliards.
Dès lors, difficile de regarder la seule dette supposée de la Cour des comptes sans considérer l’ensemble des relations financières entre les structures publiques.
Car au bout du compte, la Cour des comptes, c’est l’État. La Poste gabonaise, c’est également l’État. Les deux institutions doivent certes tenir leurs comptes et respecter leurs obligations, mais leurs relations financières s’inscrivent dans le même périmètre public.
Si les 5 milliards sont confirmés, il appartiendra donc à l’État de déterminer les modalités de règlement ou d’apurement de cette créance.
Une chose est certaine : la question n’est pas seulement de savoir qui doit payer qui. Elle est surtout de savoir comment l’État entend régler les comptes de l’État.





