La scène politique gabonaise venait à peine de digérer la première vidéo maladroitement montée qu’une deuxième apparition de la Première Dame a surgi, encore plus problématique que la première. Une sortie qui, au lieu d’apaiser les critiques, confirme plutôt l’ampleur du naufrage d’un service de communication dépassé, brouillon, et désormais dangereux pour l’image qu’il est censé protéger.
Car soyons honnêtes : personne n’a attaqué la Première Dame. Les critiques, largement majoritaires, visaient la qualité technique médiocre d’une vidéo où les erreurs de montage étaient visibles, la créativité absente, et où le texte était manifestement lu, effaçant toute émotion, toute humanité, tout naturel.
En bref : un message noble, porté par un rendu indigne du statut de celle qui le délivrait.
Face à cette vague de remarques pourtant justifiées, qu’a trouvé le service de communication ?
Non pas assumer, corriger, améliorer.
Non : faire revenir la Première Dame dans une deuxième vidéo, comme si c’était à elle de répondre à leur place, comme si c’était le rôle d’une Première Dame d’aller se justifier sur les réseaux sociaux pour masquer l’amateurisme de ceux qui sont censés la mettre en valeur.
Quelle erreur stratégique. Quelle faute professionnelle. Et surtout : quel manque de respect.
Car en agissant ainsi, ils n’ont pas défendu la Première Dame.
Ils l’ont exposée.
Ils l’ont jetée en pâture.
Ils l’ont transformée en bouclier humain, en première ligne d’une bataille qu’elle n’avait pas à mener.
Une Première Dame n’a pas vocation à se mêler de querelles numériques.
Elle porte des messages sociaux, humains, nationaux.
Le reste doit être géré par son équipe, ses conseillers, ses communicateurs à condition qu’ils soient compétents, justement.
Or ici, au lieu d’amplifier son message, ils l’ont sacrifiée pour couvrir leurs propres manquements.
Au lieu de corriger un raté, ils ont ajouté un second fiasco.
Au lieu d’apaiser, ils ont enflammé.
Et le pire, c’est qu’en la réexposant ainsi, ils ont ouvert la porte à toutes les interprétations malveillantes et à toutes les attaques futures.
Un service de communication qui protège mal sa Première Dame ne fait plus seulement mal son travail : il devient un risque.
Cette deuxième sortie n’a rien réparé. Elle a simplement révélé, au grand jour, l’amateurisme d’un appareil censé être professionnel.
Et à la fin, comme toujours, ce n’est pas eux qui paient.
C’est elle.
