L’opération d’assainissement de la Fonction publique engagée sous l’impulsion du Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, vient de franchir une étape importante. Après l’examen de nombreux dossiers litigieux, la Commission exceptionnelle des litiges a prononcé des centaines de radiations et plusieurs réhabilitations. Une opération qui doit permettre à l’État de réaliser d’importantes économies.
Cette réforme, portée par la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, Laurence Ndong, suscite naturellement des réactions. Mais depuis quelques jours, une autre polémique tente de prendre le dessus : celle visant directement la situation administrative de la ministre.
Sur les réseaux sociaux, certains l’accusent d’avoir passé plus de vingt ans en France tout en demeurant fonctionnaire gabonaise, allant jusqu’à établir un parallèle entre sa situation et celles des agents aujourd’hui radiés.
Pourtant, ces accusations ne sont accompagnées, à ce jour, d’aucun document permettant d’en démontrer la véracité.
Surtout, Laurence Ndong a déjà répondu à cette question lorsqu’elle lui a été posée directement lors de sa conférence de presse.
La ministre explique que son mari travaillait pour la Société internationale de télécommunication, la CITA, ensuite rachetée par France Télécom puis Orange. Lorsque son mari a été affecté en France, elle affirme avoir officiellement saisi son administration, l’Éducation nationale, pour demander un rapprochement de conjoint.
Sa demande ayant été refusée, elle explique avoir entrepris un doctorat en didactique des sciences, puis demandé un stage et une mise en disponibilité. Ces demandes auraient également été refusées.
Elle affirme surtout ne jamais avoir été radiée. Selon son témoignage, une instruction en ce sens aurait même été donnée, mais des agents chargés de son dossier auraient refusé de l’exécuter, estimant que sa situation devait être régularisée. Son poste budgétaire aurait été maintenu, mais sans salaire pendant plusieurs années.
En 2023, lors de son retour, son matricule aurait été retrouvé dans les fichiers de l’administration. Laurence Ndong affirme qu’il s’agissait bien de son matricule, obtenu à l’issue de sa formation à l’École normale supérieure.
Ces explications méritent d’être entendues. Elles peuvent naturellement être vérifiées à partir des archives et des documents administratifs. Mais en attendant, transformer des accusations non documentées en vérités établies relève davantage du procès d’intention que du débat public.
Il est donc regrettable que certains cherchent aujourd’hui à détourner l’attention de la réforme engagée en s’attaquant personnellement à la ministre. On peut contester une décision administrative, demander des explications ou critiquer une réforme. Mais accuser une personne de fraude ou d’irrégularité exige des preuves.
Laurence Ndong doit être félicitée pour avoir engagé une réforme que plusieurs responsables ayant occupé avant elle le portefeuille de la Fonction publique n’avaient pas réussi à mener à son terme. L’assainissement des effectifs de l’État est un chantier difficile, forcément exposé aux critiques et aux intérêts de ceux qui peuvent se sentir menacés par le changement.
La ministre doit donc garder le cap. Les polémiques passeront, mais la réforme de l’administration restera.
Elle ne doit pas se laisser distraire par ceux qui, faute de preuves, préfèrent les attaques personnelles aux arguments. Qu’elle continue son travail, qu’elle documente ses décisions et qu’elle poursuive l’assainissement de la Fonction publique dans l’intérêt de l’État et des Gabonais.






