Depuis le lancement du procès dit des Bongo Valentin, Gabon n’assiste pas seulement à un feuilleton judiciaire, mais à un gigantesque carnaval de fuites où chaque jour apporte son lot de documents « ultra-sensibles » balancés sur les réseaux sociaux comme des cacahuètes dans un stade.
Mandats de dépôt, documents secret-défense, pièces de comptabilité publique, certificats médicaux tout y passe. Plus aucune frontière, plus aucun scrupule.
Un pays entier observe, consterné, cette exposition obscène d’informations confidentielles qui devrait, en temps normal, être protégée par l’éthique, la loi, et un minimum de décence.
Alors que les Gabonais dénoncent déjà l’allure de mascarade de ce procès où ne comparaissent que les « petites mains bénéficiaires » tandis que les vrais moteurs du détournement ceux qui signaient, validaient et décassaient continuent d’observer en silence depuis leurs salons climatisés, voilà que les réseaux sociaux s’enflamment d’un nouveau « scoop ».
Cette fois, c’est l’activiste de la diaspora, Princesse de Souba, qui exhibe un tableau accusant le procureur général Eddy Minang d’avoir encaissé des montants astronomiques. Et comme souvent, l’attaque est brutale, facile, sans nuance : « voleur ».
Sauf que cette fois… la cible a répondu. Et avec une hauteur qui force le respect.
Au lieu de s’enfermer dans un silence suspect, le procureur Minang choisit la seule arme des hommes d’honneur : la transparence frontale.
Il reconnaît avoir reçu les montants mentionnés oui, 24 millions, oui, 25 millions, oui, 7 millions mais dans l’exercice strict de ses fonctions, en tant qu’ordonnateur des crédits chargé d’organiser les sessions criminelles d’Oyem. Pas un franc pour un plaisir personnel, encore moins pour une villa ou un compte caché.
Mieux encore : il explique, il détaille, il contextualise. Chose rare, presque sacrée dans l’administration gabonaise.
Et il dénonce, avec une lucidité tranchante, l’effondrement total du secret professionnel dans notre pays où les documents internes du Trésor, les dossiers médicaux, les mandats de dépôt se retrouvent désormais sur la place publique comme des poissons au marché.
On aurait pu attendre un discours hésitant, ou une justification passive.
Mais non : le procureur Minang frappe du poing. Et sur la table de la vérité.
Le geste du procureur général est d’autant plus admirable qu’il expose une lâcheté ambiante : celle de tous les autres, pourtant cités avec des montants autrement plus indécents, mais qui continuent de se terrer dans un silence stratégique.
Lui, il parle. Il assume. Il montre l’exemple.
Et c’est précisément maintenant que d’autres devraient suivre cette voie.
À commencer par Yann Koubdje, dont l’ombre plane lourdement au-dessus des deux milliards qu’il aurait reçus.
Deux milliards, ce n’est plus un soupçon : c’est un séisme.
Le peuple observe.
Le peuple attend.
Et le peuple veut entendre des explications, pas des chuchotements.
Le courage, ce n’est pas seulement de se présenter aux cérémonies et de faire de beaux discours.
Le courage, c’est ce que vient de faire le procureur Minang : venir en face du peuple, regard droit, parole claire, vérité assumée.
Dans un contexte où la justice gabonaise peine à convaincre de son indépendance et où le procès des Bongo Valentin ressemble davantage à une opération de communication qu’à une réelle quête de vérité, l’attitude du procureur général apparaît comme un éclat de lumière dans un tunnel politique obscur.
Il rappelle que le respect, la dignité, l’honneur et la droiture ne sont pas des vestiges d’un autre siècle.
Ils existent encore.
Ils respirent encore.
Et aujourd’hui, ils portent un nom : Eddy Minang.
Le geste du procureur Eddy Minang n’est pas seulement saluable il est historique.
Il rappelle que l’honneur n’est pas un luxe, mais un devoir.
Il montre qu’on peut servir l’État sans trahir la République.
Et surtout, il prouve qu’un homme peut encore se dresser devant la meute et dire : « Voilà la vérité, prenez-la. »
Bravo, Monsieur le Procureur.
Que votre exemple inspire ceux qui ont, eux aussi, des comptes à rendre.
Parce qu’aujourd’hui, le peuple n’a plus faim de rumeurs :
il a faim de vérité.












