L’annonce de la formation de 400 nouveaux jeunes aux métiers techniques et pratiques à Libreville suscite des interrogations. Non pas sur la nécessité de former les jeunes, mais sur la cohérence d’une politique qui doit aussi tenir compte de ceux qui ont été formés avant eux et qui attendent toujours une véritable insertion professionnelle.
Sur le plan politique, une question mérite d’être posée : le président Oligui Nguema doit-il porter seul la responsabilité de chaque choix opérationnel effectué par ses collaborateurs ?
Le chef de l’État porte une vision pour la transformation du Gabon. Mais il ne peut évidemment pas concevoir et exécuter seul chaque programme, chaque formation ou chaque mécanisme d’insertion. C’est précisément le rôle des ministres et des administrations : traduire cette vision en politiques publiques efficaces et adaptées aux réalités du terrain.
Le problème n’est donc pas de former 400 nouveaux jeunes. Le Gabon en a besoin. La véritable question est de savoir ce qui leur sera proposé après leur formation. Si des jeunes déjà qualifiés restent sans emploi faute de débouchés, d’équipements ou d’un accès suffisamment efficace au financement, le gouvernement doit tirer les leçons de ces expériences avant de multiplier les dispositifs.
Car le risque politique est réel. Les difficultés de mise en œuvre finissent souvent par être imputées au président, même lorsqu’elles résultent de décisions prises au niveau ministériel ou administratif.
C’est toute la difficulté pour Oligui Nguema. En assumant également la responsabilité de la conduite du gouvernement, il se retrouve en première ligne. Les réussites de ses collaborateurs renforceront sa vision ; leurs erreurs ou leurs incohérences peuvent, à l’inverse, fragiliser la confiance autour de son action.
Former pour former ne suffit donc pas. Une politique de formation professionnelle efficace doit être pensée jusqu’à l’emploi, au financement, à l’accompagnement et à l’accès aux marchés.
Oligui Nguema a fixé une direction. Il revient désormais à ceux qui mettent ses politiques en œuvre de démontrer qu’ils sont capables de transformer cette vision en résultats concrets.
Car au bout du compte, le président portera politiquement les succès comme les échecs de ceux auxquels il confie la construction du nouveau Gabon.





