Le contraste devient préoccupant : pendant que le président Brice Clotaire Oligui Nguema bénéficie d’une forte attente populaire, l’UDB peine encore à transformer cette dynamique en véritable mobilisation politique. De Makokou à l’inauguration du Palais Léon Mba, l’absence d’une démonstration militante à la hauteur des enjeux nourrit une question désormais difficile à éviter : le problème se trouve-t-il dans la vision présidentielle ou dans ceux chargés de la porter sur le terrain ?
Un parti présidentiel ne peut pas vivre uniquement dans les bureaux et les cérémonies officielles. Il doit être présent dans les quartiers, les provinces et auprès des jeunes. Il doit savoir expliquer l’action du président, répondre aux attaques, écouter la population et surtout mobiliser. Or, c’est précisément sur ce terrain que le profil de Bertrand Zibi Abéghé mérite aujourd’hui d’être regardé autrement.
Ancien député du PDG, Zibi connaît les rouages du pouvoir. Sa rupture publique avec le parti en 2016, devant Ali Bongo Ondimba, l’a ensuite conduit dans l’opposition, aux côtés de Jean Ping, avant son implication dans la campagne d’Albert Ondo Ossa en 2023. Il possède ainsi une expérience politique rare : celle d’un homme qui a connu le pouvoir de l’intérieur, l’opposition et plusieurs batailles électorales.



Le terrain, il le connaît depuis longtemps. Il n’était encore qu’un gamin lorsqu’il a commencé à côtoyer les hautes sphères du pouvoir.
Mais son principal atout pourrait être ailleurs : le terrain. Son implication dans les campagnes politiques et sa proximité avec les populations lui ont permis de conserver une visibilité populaire que beaucoup de responsables politiques ont perdue. Son discours s’est également régulièrement intéressé aux préoccupations des jeunes, au chômage, aux petits métiers et aux difficultés des populations défavorisées.
Pour une UDB qui cherche précisément à retrouver une capacité de mobilisation, ce profil interpelle. Le parti n’a peut-être pas besoin de davantage de gestionnaires, mais de responsables capables de transformer l’adhésion au projet présidentiel en engagement militant. Défendre le président ne consiste pas seulement à applaudir son action : il faut savoir la porter dans l’opinion, répondre aux critiques et faire remonter au sommet ce que pense réellement la base.
Zibi serait-il pour autant « l’homme providentiel » ? La formule serait excessive. Aucun responsable ne peut, seul, reconstruire un parti. Mais son parcours réunit plusieurs qualités dont l’UDB semble avoir besoin : expérience politique, connaissance du terrain, capacité de mobilisation, expérience électorale et proximité avec des catégories populaires.




Ci-dessus , son expérience politique, sa connaissance du terrain, sa capacité de mobilisation, expérience électorale et proximité avec des catégories populaires ne sont plus à démontrer
Le débat mérite donc d’être posé sans détour. Si l’UDB veut devenir une véritable force politique nationale, capable de transformer la dynamique autour du président en organisation militante solide, alors Bertrand Zibi Abéghé pourrait être l’un des profils à considérer sérieusement pour remettre le parti sur le terrain. Car au fond, le problème est simple : le palais peut donner le pouvoir, mais seul le terrain permet de construire une force politique durable.










