Au Gabon, certains citoyens se voient littéralement dépouillés de ce qu’ils ont payé de leur sueur. L’affaire d’Antoinette Adoussou, journaliste retraitée, en est un exemple frappant. Dans les années où Guy Nzouba Ndama présidait l’Assemblée Nationale et où Séraphin Moundouga occupait le poste de premier questeur, les parlementaires et le personnel de l’Assemblée ont obtenu des parcelles de terrain. Tout a été fait dans les règles : paiement au mètre carré, prélèvements bancaires jusqu’au règlement complet, transactions transparentes. Antoinette Adoussou, ayant même acquis une parcelle supplémentaire cédée par une collègue, a suivi la procédure à la lettre.
Aujourd’hui, cette zone est occupée par des squatters, et l’ANU TTC successeur de la Direction Générale du Cadastre et de l’Urbanisme affirme sans vergogne que les terrains appartiennent désormais à l’État et auraient été « revendus ». Aucune déclaration d’utilité publique, aucune justification, seulement une injustice flagrante.
Comment comprendre qu’un État qui attribue des terrains légalement, encaisse l’argent des citoyens et les laisse ensuite sans recours, au mépris de la loi ? Les responsables actuels de l’ANU TTC ignorent totalement ce dossier et semblent déterminés à fermer les yeux sur les droits des acquéreurs. Les plaintes auprès de toutes les administrations concernées, les interventions des huissiers et les saisines du tribunal de Libreville restent sans effet.
Ce scandale montre à quel point le citoyen ordinaire est vulnérable face à l’opacité et à l’arbitraire de certaines institutions. Antoinette Adoussou, aujourd’hui dans sa septantaine, ne peut offrir à ses enfants et petits-enfants le fruit de son travail, et voit ses droits bafoués par ceux qui devraient les protéger.
Il est temps que l’État gabonais cesse de protéger les intérêts de quelques-uns au détriment des citoyens. La restitution des terrains légalement acquis n’est pas une faveur : c’est une exigence de justice et de respect de la loi. Chaque Gabonais a droit à son patrimoine, et aucune puissance administrative ne peut s’y opposer. Que cette affaire serve d’alerte : l’impunité et l’injustice foncière doivent cesser au Gabon.
Enquête menée par Reporter Insight






