La modification présumée de textes adoptés par le Parlement provoque une vive interpellation de Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, qui dénonce le silence de nombreux élus et salue le courage de Justine Judith Lekogo et de Marc Ona Essangui.
Le Parlement peut-il voter des textes qui seraient ensuite modifiés en dehors de la procédure prévue ? C’est la question explosive soulevée par Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, acteur civique et défenseur de la démocratie participative, dans une déclaration consacrée au dossier de la Commission nationale de la démocratie participative et citoyenne (CNDPC).
À l’origine de sa réaction, une publication de l’honorable Justine Judith Lekogo dénonçant la modification de textes adoptés par le Parlement. Foumboula salue cette prise de position, qu’il considère comme conforme à l’esprit de l’article 36, alinéa 3, de la Constitution, relatif aux exigences d’éthique, de transparence et de redevabilité dans l’administration.
Après le vénérable Marc Ona Essangui, qui s’était exprimé sur le plateau de GabonMédia Time, Justine Judith Lekogo rejoint ainsi les voix qui s’élèvent contre ces pratiques présumées. Pour Foumboula, le mérite de ces parlementaires est d’oser dénoncer une situation qu’il juge grave, même lorsque cette démarche peut les exposer à des pressions politiques.
Mais c’est surtout le silence du Parlement qui fait bondir l’acteur civique. Comment comprendre que des textes adoptés par les représentants du peuple puissent être modifiés sans que l’institution parlementaire, dans son ensemble, ne manifeste publiquement son indignation ? Si les faits dénoncés sont établis, c’est l’autorité même du Parlement et la portée de ses décisions qui se trouvent questionnées.
Foumboula relève un paradoxe qu’il juge révélateur : parmi les personnalités qui ont dénoncé ces pratiques figurent plusieurs anciens acteurs de la société civile, notamment Marc Ona Essangui, Justine Judith Lekogo et Geoffroy Foumboula Libeka Makosso. Il cite également l’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima et le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.
D’où ses interrogations, particulièrement incisives : peut-on prétendre soutenir la politique du chef de l’État tout en gardant le silence face à des actes susceptibles de porter atteinte aux prérogatives du Parlement ? Faut-il que le président de la République, qui n’est pas parlementaire, intervienne une nouvelle fois pour rappeler aux élus les principes de séparation des pouvoirs et de défense de l’État de droit ?
Autre sujet d’inquiétude : la discipline partisane. Geoffroy Foumboula redoute que les parlementaires qui dénoncent publiquement ces pratiques soient accusés de manquer à la discipline de leur formation politique. Il évoque à ce titre le cas d’Anicet Engo, qu’il présente comme ayant fait les frais de ce type de logique.
Pour l’acteur civique, un Parlement dont la mission est notamment de débattre, de légiférer et de contrôler l’action publique ne peut pleinement rassurer les citoyens, l’État et les partenaires nationaux et internationaux si l’indépendance de ses décisions paraît fragilisée. La question est donc autant institutionnelle que politique : qui peut modifier les textes votés, selon quelle procédure et sous quelle autorité ?
En conclusion, Geoffroy Foumboula adresse ses félicitations, ainsi que ses encouragements, à Justine Judith Lekogo et à Marc Ona Essangui. Il estime que le Gabon a besoin de citoyens capables de défendre les principes républicains, y compris lorsqu’ils risquent d’être combattus au sein de leur propre camp politique.
Son message est sans ambiguïté : le patriotisme ne saurait se réduire à l’adhésion à un parti ou au soutien à un dirigeant. Il implique aussi de défendre les institutions, la légalité et la séparation des pouvoirs. Reste désormais à clarifier les circonstances exactes des modifications dénoncées et à déterminer les responsabilités éventuelles.






