Eddy Narcisse Minang, Anicet Engo et Aurélien Mintsa Mi-Nguema : trois dossiers distincts qui relancent le débat sur la justice, la liberté de parole et la gouvernance au Gabon. Dans une déclaration incisive, Maxime Nze Mba interpelle l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) et appelle à défendre les principes républicains plutôt qu’à céder aux interprétations partisanes ou ethniques.
Au Gabon, trois affaires soulèvent des interrogations sur la place accordée à la critique dans la vie publique. La révocation d’un magistrat, le départ d’un responsable de ses fonctions et la nomination d’un diplomate en Inde : autant de situations qui alimentent un débat sur le respect des procédures, la loyauté politique et la liberté d’expression.
Pour Maxime Nze Mba, citoyen engagé en faveur de la démocratie participative, l’enjeu dépasse les personnes concernées. « On ne défend pas des ethnies, on défend des principes », affirme-t-il, refusant de réduire ces dossiers à une opposition communautaire.
Eddy Narcisse Minang : la question du respect des procédures

Ancien procureur général, Eddy Narcisse Minang aurait été suspendu en juin puis révoqué le 25 août, selon les éléments rapportés par Maxime Nze Mba. La décision fait l’objet d’une contestation devant le Conseil d’État.
S’appuyant notamment sur la loi n° 040/2023 portant statut des magistrats, Maxime Nze Mba insiste sur le respect des garanties procédurales et du droit à la défense. Selon lui, la gravité d’éventuels reproches ne saurait justifier que les règles applicables soient ignorées.
Il met en garde contre les jugements précipités et rappelle que la régularité de la procédure doit être appréciée par la juridiction compétente.
Anicet Engo : peut-on parler du chômage des jeunes sans risque ?

Le deuxième dossier concerne Anicet Engo, présenté comme ayant été démis de ses fonctions le 20 octobre, trois jours après une intervention publique à Akanda consacrée notamment à la place de la jeunesse dans la construction du Gabon.
Pour Maxime Nze Mba, les préoccupations relatives au chômage des jeunes doivent pouvoir être exprimées sans être assimilées à un acte de défiance. Il interroge ainsi la capacité de l’UDB à accueillir les voix critiques, notamment au sein de ses structures de jeunesse.
« La loyauté ne signifie pas le silence », résume en substance sa position. Un mouvement politique, estime-t-il, doit pouvoir entendre les difficultés signalées par ses membres et accepter les propositions visant à améliorer son action.
Les circonstances exactes du départ d’Anicet Engo et l’existence éventuelle d’un lien avec son intervention publique restent toutefois à établir.
Aurélien Mintsa Mi-Nguema : une nomination diplomatique controversée

Nommé ambassadeur du Gabon en Inde, Aurélien Mintsa Mi-Nguema fait également l’objet d’interprétations divergentes. Certains commentaires présenteraient cette affectation comme une mise à l’écart, une lecture que Maxime Nze Mba récuse.
Il considère la représentation diplomatique à New Delhi comme une responsabilité stratégique, notamment au regard des perspectives de coopération économique entre le Gabon et l’Inde.
Pour autant, les circonstances de cette nomination doivent être distinguées des intentions qui lui sont prêtées. En l’absence d’éléments probants, qualifier cette affectation de sanction ou lui attribuer une motivation particulière relèverait de la spéculation.
Refuser les amalgames, défendre les principes
Au-delà de ces trois dossiers, Maxime Nze Mba met en garde contre les lectures ethniques susceptibles d’alimenter les divisions. Pour lui, le débat doit rester centré sur le droit, la transparence des décisions et la liberté de parole, plutôt que sur l’origine des personnes concernées.
Son interpellation vise directement la culture politique de l’UDB : la loyauté envers un mouvement ou un projet national implique-t-elle de taire les difficultés, ou suppose-t-elle aussi de pouvoir les dénoncer ?
« Je ne veux pas d’un Gabon où on a peur de dire “les jeunes chôment” », affirme-t-il, résumant sa préoccupation face aux difficultés d’insertion professionnelle de la jeunesse.
L’UDB face au défi de la contradiction
Ces trois affaires, différentes dans leur nature, posent une question commune : quelle place accorder à la critique dans la vie publique gabonaise ?
Pour Maxime Nze Mba, la justice doit rester attachée aux garanties légales, les responsables politiques doivent pouvoir exprimer les préoccupations de la population et les nominations diplomatiques doivent être appréciées à partir des faits plutôt que des suppositions.
Au-delà des controverses, l’enjeu est celui d’une démocratie où la critique constructive contribue à améliorer l’action publique au lieu de devenir un motif de suspicion. Reste à établir les faits et les responsabilités dans chacun de ces dossiers, sans procès d’intention ni amalgame ethnique.






