Par la rédaction de Super Star Magazine
Il est tout à l’honneur d’un média de reconnaître ses erreurs. Encore faut-il savoir les corriger sans chercher à en déplacer la responsabilité. C’est précisément ce qui interpelle dans les deux articles publiés par Gabon Mail Infos au sujet du ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema.
Dans un premier article intitulé « Crise du carburant : le ministre Sosthène Nguema Nguema aurait-il dû garder le silence ? », le journal reproche au ministre une prise de parole publique sur la pénurie de carburant au Gabon. Deux jours plus tard, dans un erratum, il reconnaît que le ministre n’a fait aucune déclaration officielle ou officieuse sur cette crise. Une rectification nécessaire, certes, mais accompagnée de commentaires qui mettent en cause Super Star Magazine.
Pourquoi un journal qui reconnaît avoir publié une analyse fondée sur une déclaration non vérifiée éprouve-t-il le besoin de mettre en cause un confrère dans son erratum ?
Une enquête ne vaut pas déclaration du ministre
Soyons clairs : Super Star Magazine a publié une enquête sur la pénurie de carburant au Gabon. Cette enquête ne reposait pas sur une interview de Sosthène Nguema Nguema et ne prétendait pas rapporter une déclaration de sa part.
Notre travail portait sur une crise qui affecte quotidiennement les Gabonais et appelle des réponses sur l’approvisionnement, le stockage et la distribution du carburant.
Si Gabon Mail Infos a interprété notre publication d’une manière qui l’a conduit à attribuer au ministre des propos qu’il n’avait pas tenus, il lui appartenait de vérifier cette interprétation avant de publier son article.
La responsabilité éditoriale d’un journal ne se transfère pas à un confrère au seul motif que son travail a inspiré une analyse.
La confraternité n’interdit pas la critique, elle impose la rigueur
Les règles d’éthique et de déontologie journalistiques ne nous obligent pas à nous protéger mutuellement de toute critique. Elles nous imposent, en revanche, de vérifier les faits, d’attribuer correctement les propos et d’assumer nos propres erreurs.
Gabon Mail Infos pouvait parfaitement publier un erratum reconnaissant que le ministre n’avait fait aucune déclaration. Il pouvait présenter ses excuses et expliquer comment cette confusion s’était produite.
Mais pourquoi profiter de cette rectification pour questionner la démarche de Super Star Magazine et commenter le titre de son article ?
Un erratum doit corriger une erreur, pas ouvrir une polémique avec un confrère. Il doit rétablir les faits, et non déplacer le débat vers la rédaction d’un autre média.
Le carburant mérite mieux qu’une polémique entre journaux
Pendant que les médias discutent de leurs publications, les automobilistes continuent de subir les conséquences de la pénurie. La priorité reste donc d’établir les causes de cette crise et d’identifier, sur la base de faits vérifiés, les responsabilités des différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement.
Super Star Magazine poursuivra son travail d’information avec rigueur et indépendance. Nous respectons le droit de chaque rédaction à analyser l’actualité, mais nous refusons que notre travail serve à justifier une erreur éditoriale dont nous ne sommes pas les auteurs.
Gabon Mail Infos avait le droit de se tromper. Il avait surtout le devoir de corriger son erreur sans chercher à en faire porter les conséquences à un confrère.
Car, en journalisme, la confraternité n’exclut pas la fermeté. Elle commence par le respect des faits et par une règle essentielle : chacun doit répondre de ce qu’il publie.






