Au Gabon, contester une élection coûte désormais 500 000 FCFA. La Cour constitutionnelle l’a décidé, officiellement pour « filtrer les recours fantaisistes ». Officieusement, c’est un verrou en or massif, qui transforme le droit fondamental de contester les résultats en un privilège réservé aux plus riches.
Après un scrutin marqué par le chaos, les bourrages d’urnes et les irrégularités orchestrées par le pouvoir, cette mesure ressemble moins à une précaution administrative qu’à une machine à museler toute contestation citoyenne. Les candidats modestes, petits partis et simples citoyens n’ont désormais d’autre choix que de se taire ou de se plier au diktat financier.
La Cour, censée être l’arbitre impartial, s’érige en gardienne du silence : elle sélectionne qui peut parler et qui doit se taire. Les fraudeurs, eux, circulent librement, protégés par ce péage judicaire. La transition, qui aurait dû restaurer la confiance et la transparence, se retrouve sérieusement compromise : la démocratie se vend désormais au prix fort.
Le peuple observe, impuissant, pendant que la justice devient un produit de luxe. La démocratie gabonaise n’est plus un droit, mais un privilège pour ceux qui peuvent se permettre de payer le prix de la vérité : un demi-million de francs CFA pour un recours.





