Bienvenue au Gabon, seul pays au monde où 3 237 inscrits peuvent miraculeusement se transformer en 4 515 votants. Un exploit qui ferait pâlir d’envie Einstein et rendrait fous les professeurs de mathématiques. Ici, les urnes ne se bourrent plus, elles se reproduisent. Et pendant que le peuple crie à l’arnaque, le ministère de l’Intérieur redécouvre les lois de l’univers : plus on fraude, plus ça passe.
Là où une démocratie normale aurait tiré la sonnette d’alarme, annulé le scrutin et convoqué une commission d’enquête, nos autorités, elles, ont choisi l’option « cirque électoral ». Résultat : on valide l’absurde, on tamponne la fraude, et on annonce fièrement la tenue d’un second tour, comme si de rien n’était.
Le 27 septembre n’a pas été une élection : c’était une pièce de théâtre mal jouée, un sketch digne d’un carnaval politique, avec des procurations volantes, des urnes obèses, des observateurs fantômes et un ministre transformé en poète du mensonge. Le peuple s’indigne ? Il peut bien aboyer. Car, visiblement, dans la Cinquième République version gabonaise, l’important n’est plus de voter… mais de compter plus que prévu.
Le résultat de ce grand numéro ? Une gifle monumentale à la démocratie, un affront à la souveraineté populaire et une humiliation nationale. Mais rassurez-vous : la caravane continue son chemin, indifférente aux aboiements. Après tout, pourquoi s’arrêter quand on peut avancer dans la honte ?









