
Dans quel pays au monde un étranger peut-il se permettre de se mêler aussi ouvertement des affaires internes, d’invectiver les citoyens, et d’imposer sa loi morale à distance ? Au Gabon, visiblement, tout est permis surtout quand il s’agit de défendre le régime en place.
Depuis l’Irlande où il dit « passer un beau séjour », Raoul Christophe Bia, journaliste camerounais autoproclamé « grand reporter sans frontières », s’est encore illustré dans une vidéo aussi inutile qu’indécente. Entre éloge démesuré du Président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, et menaces à peine voilées contre les Gabonais qui oseraient exprimer un avis différent, l’homme se donne des airs de commissaire politique autoproclamé de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB).
Nous le disons sans détour : ce genre de comportement est inacceptable. Que ce Camerounais veuille défendre sa vision, soit. Mais insulter les Gabonais, accuser les citoyens de « massacrer politiquement » leur pays, ou encore désigner comme suspects ceux qui participent au débat public, c’est une ligne rouge qu’il ne devait pas franchir.
Plus grave encore : comment comprendre que les autorités gabonaises restent silencieuses face à ce type de dérive ? Raoul Christophe Bia, ancien journaliste à la solde du régime, continue d’agiter les réseaux sociaux et d’entretenir la division nationale avec la bénédiction tacite de ceux qui gouvernent. Pendant ce temps, les Gabonais ordinaires, eux, doivent se contenter de se taire, sous peine d’être traités de traîtres ou de perturbateurs.
Il faut le dire franchement : le Gabon n’est pas une propriété privée. Le Gabon appartient au gabonais . Ces derniers ont le droit, et même le devoir, de critiquer, d’interroger et de veiller à ce que la 5éme république ne devienne pas une mascarade.
Nous appelons ici les autorités à prendre leurs responsabilités : un pays souverain ne peut tolérer que des ressortissants étrangers interviennent ainsi dans ses affaires politiques intérieures, surtout lorsqu’ils le font de manière ouvertement partisane, insultante et menaçante. Le respect du peuple gabonais commence par cela.
Au Cameroun, accepterait-on qu’un Gabonais, installé à Douala ou Yaoundé, se permette de critiquer le RDPC, de s’en prendre aux opposants, et de dicter sa loi depuis l’étranger ? Jamais. Alors pourquoi le tolérer ici ?
Assez de complaisance. Que chacun reste à sa place. Le Gabon n’a pas besoin de donneurs de leçons étrangers, encore moins quand ils participent à entretenir un climat de tension et d’injustice sociale.









