Le feuilleton Sylvia et Noureddin Bongo ressemble de plus en plus à une mauvaise série politico-judiciaire, où tout le monde joue un rôle qu’il ne maîtrise plus. Pendant que la justice gabonaise joue les vierges offensées, les deux protagonistes de la “dynastie du coffre-fort” savourent paisiblement le brouillard londonien, bien à l’abri des juges et des questions embarrassantes.
Soyons clairs : Sylvia et son fils n’ont pas fui, ils ont été exfiltrés avec la bénédiction silencieuse des grandes puissances, toujours promptes à défendre leurs intérêts sous couvert de “raisons humanitaires”. Et à Libreville, le pouvoir savait parfaitement qu’en ouvrant la porte, ils ne reviendraient jamais. Tout ce bruit judiciaire, ces convocations ignorées, ces déclarations martiales du parquet, tout cela n’est qu’une mascarade bien huilée pour donner l’illusion d’un État qui rend des comptes. En réalité, on amuse la galerie.
La vérité, c’est que leur départ arrangeait tout le monde. Car si un drame était survenu à l’une ou à l’autre, les répercussions diplomatiques auraient été explosives. Les chancelleries européennes se seraient vite rappelées que la morale internationale s’arrête toujours là où commencent les intérêts financiers. Mieux valait donc un exil doré à Londres qu’un scandale sanglant à Libreville.
Pendant ce temps, on nous vend le “procès du siècle”, alors que les accusés ne sont même plus là ! Et comble du ridicule, on continue à parler de “justice indépendante” et de “lutte contre la corruption”, comme si le peuple gabonais croyait encore aux contes de fées institutionnels.
Soyons sérieux : le clan Bongo appartient au passé, et il serait temps que le pays tourne définitivement la page. Mais avant d’enterrer Sylvia et sa dynastie dans les poubelles de l’histoire, encore faudrait-il récupérer les milliards évaporés. Et là, c’est une autre paire de manches ! Entre les comptes offshore, les sociétés écrans et les complices discrets, il faudra plus qu’un discours pour rapatrier l’argent du peuple.
En fin de compte, cette affaire illustre à merveille la tragédie gabonaise : les voleurs partent en jet privé, les juges gesticulent, et le peuple, lui, continue de payer la facture.
Mais qu’on se rassure à défaut de justice, on a au moins le spectacle.
