Le gouvernement veut faire des Gabonais les rois de la débrouille nationale. Une belle intention, sauf qu’on oublie un détail : avant de réserver, encore faut-il qu’il y ait des preneurs !
C’est officiel : désormais, certains métiers seront réservés aux Gabonais. Réparer les téléphones, tresser les cheveux, vendre au coin de la rue ou encore faire tourner les petits commerces de quartier, tout cela deviendra bientôt “100 % national”.
Sur le papier, c’est du patriotisme. Dans la vraie vie, ça ressemble plus à un pari risqué… voire à un rêve qu’on veut faire passer pour une réforme.
Car soyons sérieux : quelqu’un s’est-il demandé si les Gabonais sont assez nombreux et formés pour occuper ces postes ? A-t-on seulement pris la peine d’étudier le terrain ? Non, on a préféré frapper fort et parler de souveraineté. Pendant des années, ces métiers étaient méprisés, considérés comme “boulots d’étrangers”. Aujourd’hui, parce que le chômage explose, on veut soudain les transformer en fierté nationale.
certains métiers seront réservés aux Gabonais comme ceux-là
Le problème, c’est que le vrai chômage, ce n’est pas celui des coiffeurs ou des réparateurs, mais celui des diplômés sans emploi : ingénieurs, comptables, enseignants, médecins… Combien d’entre eux vont aller tenir un kiosque ou tresser des mèches sur le trottoir ? Soyons lucides : on ne fait pas de politique de l’emploi avec des slogans.
Le président Oligui Nguema a une vraie vision : celle d’un Gabon fort, autonome, debout. Mais ses techniciens, eux, semblent vouloir lui vendre des rêves de papier glacé. À ce rythme, on va finir par interdire avant de former, et revenir en arrière par manque de bras. Ce serait une belle humiliation.
La souveraineté, la vraie, ce n’est pas d’interdire aux autres : c’est de rendre les siens capables. Avant de fermer les portes, il faut d’abord construire la maison. Sinon, on aura juste peint le portail aux couleurs du drapeau… mais la maison sera toujours vide.
