Dès le départ, les conditions imposées étaient déjà extrêmement contraignantes : une caution d’un million de francs CFA, un versement quotidien de 20 000 francs CFA, sept jours sur sept, jusqu’au remboursement intégral du véhicule fixé à 14 600 000 francs CFA. Présenté comme un simple contrat d’acquisition, ce mécanisme plaçait les conducteurs dans une dépendance financière totale, sans aucune marge de sécurité.
Les choses se sont aggravées lorsque, toujours selon les témoignages concordants, le cédant a changé unilatéralement les règles du jeu. Il n’exigerait plus seulement les versements journaliers, mais réclamerait désormais le paiement immédiat de la totalité du véhicule, sans tenir compte des sommes déjà versées ni des clauses initiales. Ces pratiques sont dénoncées par les acquéreurs comme une violation flagrante des droits des jeunes Gabonais.
Les conducteurs affirment être contraints de travailler sans repos, sans salaire, sans congés et sans protection sociale, tout en reversant l’intégralité des recettes quotidiennes. Plus choquant encore, les jours d’immobilisation dus aux pannes, aux accidents ou aux opérations de maintenance indépendants de leur volonté seraient comptabilisés comme journées travaillées, générant artificiellement des dettes supplémentaires et accentuant la pression économique.


Les jeunes racontent également que toutes les charges normalement assumées par le propriétaire entretien, réparations et immobilisations leur sont imposées. Des dispositifs de blocage électronique immobilisent parfois les véhicules en pleine circulation, exposant gravement conducteurs, passagers et autres usagers de la route. Malgré ces immobilisations, les paiements continuent d’être exigés, comme si rien ne s’était passé.
Des cas particulièrement choquants sont rapportés : des jeunes ayant déjà versé plus de sept millions de francs CFA se seraient vus retirer leur véhicule, sans remboursement, sans restitution de la caution et sans recours judiciaire. Ces pratiques, largement commentées sur les réseaux sociaux, s’apparentent à une spoliation pure et simple, indigne d’un projet présenté comme social.
Lors de son lancement, TaxiGAB avait été présenté tambour battant comme un projet phare, cher au Président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema. Pourtant, selon plusieurs sources relayées sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique, le projet ne bénéficierait d’aucun financement public et relèverait d’une initiative privée récupérée à des fins populistes. Si cela est vrai, TaxiGAB n’est pas une politique publique mais un enfumage social, utilisant l’image de l’État pour légitimer des pratiques abusives.
D’où cette interpellation directe : Président Oligui, êtes-vous au courant ? Car un véritable projet gabonais ne peut pas maltraiter sa jeunesse. Un programme associé à l’État ne peut ni exploiter les jeunes, ni violer les principes élémentaires du droit du travail, ni transformer l’espoir en asservissement.
La jeunesse gabonaise mérite des emplois dignes, pas des contrats piégés, pas un travail sans droits, pas une vie de labeur consacrée à rembourser un véhicule que l’on peut lui retirer du jour au lendemain. Il est temps que la vérité soit établie, que les responsabilités soient clairement situées et que la justice protège les victimes.
TaxiGAB doit rendre des comptes. L’État aussi.





