La prise de parole de l’activiste Cobretti met en lumière une réalité fréquente dans les cercles du pouvoir : l’ingratitude qui accompagne la chute ou l’éloignement des figures d’influence. Hier encensés et suivis, certains deviennent aujourd’hui la cible de silence et de reniement, révélant des fidélités souvent guidées par l’intérêt plutôt que par la loyauté. C’est le cas d’Aurélien Nguema Mintsa, désormais abandonné par une partie de ses soutiens.
En prenant pour illustration le cas d’Aurélien, frère du Président, Cobretti décrit un phénomène que l’histoire, partout dans le monde, n’a cessé de confirmer : l’ascension attire les foules, mais la chute révèle les vérités. Et ces vérités sont rarement honorables.
Notre journal tient ici à appuyer cette analyse. Car ce que vit aujourd’hui Aurélien n’est ni un accident, ni une exception gabonaise. C’est une constante universelle. Des figures majeures de l’histoire ont connu ce même retournement brutal. Napoléon Bonaparte, après avoir dominé l’Europe, fut abandonné par une grande partie de ses soutiens lors de sa chute. Julius Caesar, acclamé par Rome, a été trahi par ses plus proches, jusqu’à tomber sous leurs coups. Plus récemment, Robert Mugabe, longtemps entouré d’un cercle fidèle en apparence, a été lâché par ceux-là mêmes qui profitaient de son pouvoir.
Ces exemples ne sont pas des anecdotes historiques. Ils illustrent une mécanique universelle : l’homme puissant attire par intérêt, non par attachement. Et lorsque ce pouvoir vacille, l’intérêt disparaît, emportant avec lui les fidélités de façade.
C’est précisément ce que souligne Cobretti, et que notre rédaction confirme : Aurélien paie aujourd’hui non seulement son éviction, mais aussi un autre choix stratégique, plus subtil mais tout aussi déterminant celui de s’être enfermé dans un cercle restreint, coupé du reste de la société.
En effet, pendant son apogée, l’homme semblait évoluer dans un environnement fermé, constitué de soutiens acquis, de réseaux favorables et de médias complaisants. Ces mêmes médias qui, hier, lui consacraient éloges et tribunes flatteuses, observent aujourd’hui un silence assourdissant. Comme si l’homme n’avait jamais existé. Comme si son influence n’avait été qu’un mirage passager.
À l’inverse, paradoxe saisissant : ce sont désormais certains médias qu’il ne recevait pas, qu’il ignorait ou tenait à distance, qui prennent aujourd’hui sa défense ou, du moins, tentent de rétablir une forme d’équilibre dans le récit. Une ironie du sort qui en dit long sur la nature des relations entretenues au sommet de l’État.
Pour notre journal, cette situation doit servir d’avertissement clair au Chef de l’État. Ce qui arrive aujourd’hui à son frère n’est pas seulement le fruit d’un contexte politique. C’est le produit d’un système où l’homme, en se coupant des critiques, en privilégiant les cercles d’adulation, finit par s’exposer à une chute sans filet.
Car il faut le dire sans détour : ce qui fragilise aujourd’hui Aurélien, ce n’est pas uniquement son éloignement du pouvoir, mais aussi l’isolement qu’il a lui-même contribué à construire. En se refermant sur un groupe d’intérêts, il s’est privé d’un soutien plus large, plus sincère, plus résilient.
Et c’est là toute la leçon sévère mais essentielle que notre rédaction tire de cette affaire : dans les sphères du pouvoir, la véritable force ne réside pas seulement dans l’influence ou les réseaux, mais dans la capacité à rester connecté à la réalité, à accepter la contradiction, et à ne pas confondre applaudissements et loyauté.
Monsieur le Président, l’histoire est formelle : nul n’échappe à cette loi. Et lorsque les cercles se brisent, il ne reste que la vérité des hommes souvent cruelle, parfois implacable.





