Ad image

PK7 : Pako meurt en cellule, PK6 et PK7 en colère, la police accusée, scandale national

787 vues
6 Min Read

 « Qui a tué notre enfant ? »

C’est le cri déchirant, mêlé de douleur et de colère, lancé par la famille du jeune Ibuanga Chris Olsen, plus connu sous le surnom de « Pako », retrouvé mort dans des circonstances obscures après son interpellation et sa détention au poste de police du PK7, à Libreville.

Accusé du vol présumé d’une bouteille de gaz, le jeune homme aurait d’abord été appréhendé par des habitants du quartier PK6, sous l’instigation d’un certain Capelo, présenté comme un indicateur de la police. Il aurait ensuite été violemment passé à tabac, puis conduit au poste de police du PK7, sans qu’aucune preuve formelle de son arrestation n’ait été établie.
Deux jours plus tard, la famille reçoit un appel laconique des autorités : leur fils est mort.

Ci-dessus , l’arrestation brutale de Pako sous l’instigation de Capelo ( seul en debardeur blanc)

- Publicité -

Selon les explications fournies aux parents, Pako se serait suicidé en cellule à l’aide d’une ceinture. Une version officielle immédiatement contestée par la famille et les riverains, d’autant plus que, selon sa mère, le jeune homme ne portait pas de ceinture le jour de son arrestation.

Les images du corps, largement relayées sur les réseaux sociaux, montrent, selon plusieurs témoins, des hématomes visibles, alimentant de lourds soupçons de sévices corporels avant le décès.

Dans un témoignage poignant, Moutsinga, mère du défunt, revient sur ce qu’elle qualifie d’un enchaînement de mensonges et de silences :

« Mon fils a été accusé de vol. Des jeunes du quartier l’ont attrapé et violemment battu avant de l’emmener au poste de police. C’est là qu’il est mort. Mais la vérité n’a jamais été dite. »

Arrêté le samedi, Pako disparaît littéralement. Jusqu’au dimanche, les habitants du quartier se rendent au poste pour demander des nouvelles. La police refuse de répondre, demandant simplement à la famille de revenir le lundi.

- Publicité -

« Ils ne nous ont jamais appelés. Ils ne nous ont rien dit. »

Le lundi, la mère est convoquée au poste. Elle est mise à l’écart, contrainte de patienter, avant qu’on ne lui annonce que son fils aurait été « déféré au Komo », puis la famille est conduite au commissariat central, sans aucune explication claire.

Commence alors une attente interminable.

- Publicité -

« Nous avons attendu de 11 heures jusqu’à 19 h 30, presque 20 heures. J’étais malade, je manquais d’air. Personne ne nous disait rien. »

Ce n’est qu’en fin de journée que la vérité tombe, brutalement :

« Le préfet de police nous a dit que mon enfant était décédé le samedi à 15 heures. »

Pourquoi la famille n’a-t-elle pas été informée immédiatement ?

Les autorités évoquent des appels téléphoniques passés au frère, puis au père du défunt. Aucune trace de ces appels n’existe, selon la famille.

Plus troublant encore : aucun document officiel n’a été remis.

« Aucun acte de décès, aucun papier, aucune signature. Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons absolument rien. »

Le corps de Pako se trouve à la morgue de CASEP-GA, sans que la famille n’ait été associée à une quelconque procédure judiciaire ou médico-légale.

« On nous a dit : “Votre enfant s’est suicidé avec une ceinture.” Mais mon fils n’avait pas de ceinture. Depuis, je cherche à comprendre ce qui s’est réellement passé. »

Dans les quartiers PK6 et PK7, la tension est palpable. La population exige vérité et justice, convaincue qu’il ne s’agit pas d’un suicide, mais d’une bavure policière maquillée.

L’activiste Ofman, leader des jeunes du quartier, a publiquement exigé une enquête crédible et indépendante. Faute de réponses, il avertit que les jeunes pourraient « se charger eux-mêmes de régler cette affaire », une déclaration lourde de menaces qui illustre l’exaspération générale.

Même indignation du côté de David Mberakouma, influenceur gabonais connu, appelé par la famille pour constater les faits. Après avoir pris connaissance du dossier, il dénonce un acte grave et pointe clairement la responsabilité des forces de l’ordre.

Aujourd’hui, une famille est détruite, un quartier est en ébullition, et une question centrale demeure sans réponse :

Comment un jeune homme arrêté pour le vol présumé d’une bouteille de gaz peut-il ressortir mort d’un poste de police ?

Suicide ou passage à tabac fatal ?
Négligence, dissimulation ou crime ?

Les parents de Pako, soutenus par une population de plus en plus méfiante envers les forces de l’ordre, réclament une enquête indépendante, transparente et immédiate.

Car le silence, l’inaction ou la manipulation des faits pourraient transformer cette affaire en crise majeure, dans un contexte déjà fragile où la confiance entre citoyens et autorités semble dangereusement fissurée.

Share This Article
Quitter la version mobile