Le secteur pétrolier gabonais a encore failli s’enflammer. Entre précarité organisée, main-d’œuvre étrangère surabondante en violation des textes, et “repos” qui ressemblent plus à de l’esclavage déguisé, les employés du pétrole avaient sorti l’arme fatale : la grève. Mais mardi, l’ONEP et les ministres du Pétrole et du Travail ont joué les pompiers, arrosant la braise d’un beau langage rassurant.
Susten Guimain-Guimard, le patron du Pétrole, a juré la main sur le baril : « Pas question qu’on arrive en 2026 avec les mêmes problèmes ! Tout le monde a signé un PV, et cette fois, on le respecte. » Des paroles fortes, certes, mais qui sonnent autrement lorsqu’on connaît l’homme. Car à la différence de ses prédécesseurs, Guimain-Guimard n’est pas qu’un faiseur de promesses : il a déjà nationalisé une grande partie des emplois de la distribution pétrolière, libérant plus de 9 000 postes pour les Gabonais. Un acte qui a marqué les esprits et qui a fait de lui, pour beaucoup, un véritable héros national. Patriote dans l’âme, pragmatique dans l’action, il apparaît aujourd’hui comme l’un des rares membres du gouvernement sur qui l’on peut réellement compter pour appliquer à la lettre les mesures consignées dans le PV de cette rencontre.

Ci-dessus , les membre de l’ONEP
De son côté, Patrick Isaac Barbera, ministre du Travail, s’est découvert une allergie soudaine aux contrats précaires : « Nous ne voulons plus des contrats un mois renouvelés un mois. » Magnifique déclaration ! Mais entre les textes qui existent et la réalité des plateaux pétroliers, il y a souvent un océan…
En clair, les deux ministres promettent un miracle : transformer un secteur où le Gabonais sert souvent de bouche-trou mal payé, pendant que l’étranger ramasse le pactole, en un marché du travail respectueux et digne. La rencontre a donc été vendue comme une victoire sociale. Mais les travailleurs, eux, attendent de voir si, cette fois, la parole de l’État vaut mieux qu’un simple papier signé.





