En politique, il y a ceux qui parlent fort et ceux qui construisent. Dans le dispositif mis en place par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, M. Ovono Ébè appartient à cette deuxième catégorie : une force tranquille, mais essentielle, de la nouvelle architecture institutionnelle.
Dans le contexte post-transition, marqué par le passage à la 5ᵉ République, la légitimité politique ne se mesure plus uniquement à l’ancienneté partisane ou à l’appartenance à des réseaux clientélistes. Elle se mesure désormais à la capacité d’avoir servi le bien commun dans l’adversité. M. Ovono Ébè, universitaire reconnu et militant syndical de première ligne, est de ceux qui ont payé de leur personne pour défendre la dignité des travailleurs gabonais et l’indépendance de l’université publique.
Il n’a jamais appartenu à la sphère politico-mafieuse de l’ancien régime. Son ascension est le fruit d’un capital symbolique bâti sur le mérite, le sacrifice et la constance dans le discours. En ce sens, il incarne ce que l’intellectuel italien Antonio Gramsci appelait un “intellectuel organique”, c’est-à-dire un penseur qui agit dans et pour sa communauté.
Si la 5ᵉ République veut être autre chose qu’un simple recyclage du passé, elle a besoin d’un socle idéologique fort. Ovono Ébè, à travers son parcours et son discours, participe à l’élaboration de ce socle. Il représente cette élite intellectuelle engagée, capable de penser la réforme de l’État, de défendre la souveraineté nationale, mais aussi de traduire les idéaux du changement en langage politique structurant.
Son rôle ne se limite pas à une posture académique : en tant que commissaire politique de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), il participe à l’animation de la base, à la mobilisation populaire, et à l’ancrage du projet présidentiel dans les réalités locales. Il incarne ce trait d’union entre vision nationale et territorialisation du pouvoir.
La 5ᵉ République, comme tout régime en reconstruction, est traversée de contradictions : entre désir de rupture et résurgence des anciens réflexes. Dans ce contexte, la présence de figures telles qu’Ovono Ébè agit comme un garde-fou. Sa simple biographie est un rappel vivant de ce que signifie le mot “intégrité”. Il a refusé les compromissions hier, il ne sera pas complice des dérives demain.
Sa voix, même discrète, peut servir d’aiguillon moral au sein de la majorité présidentielle. Car la 5ᵉ République ne sera crédible que si elle continue à s’appuyer sur des profils irréprochables, qui tiennent plus de l’exemplarité que du calcul politique.
Ovono Ébè n’est pas un homme d’effets de manche. Il n’inonde pas les médias, ne multiplie pas les selfies avec les puissants, et ne cherche pas à polariser l’opinion. Et pourtant, dans les coulisses de la 5ᵉ République, il construit, il pense, il incarne.
Il est ce que toute République a besoin de cultiver : un intellectuel de terrain, un homme de principes, un serviteur de l’État formé par la lutte, éprouvé par l’exil, aguerri par la répression, et aujourd’hui enraciné dans une vision politique durable.
La 5ᵉ République gabonaise gagnerait à faire de lui non pas une exception dans son architecture, mais une norme pour ses serviteurs.
