Dans la nuit du 30, debout, téléphone à la main, profitant du réseau Wi-Fi d’un voisin, MEVIANE NDONG Siméon, 30 ans, ne se doutait pas qu’il vivait ses derniers instants. Deux agresseurs surgissent. Leur objectif est simple : lui arracher son téléphone. Siméon résiste. Alors ils sortent le couteau. Ils frappent. Puis, comme si cela ne suffisait pas, ils lui assènent un violent coup de chevron à la tête.
La violence est brutale.
L’intention est claire.
Ils voulaient voler. Ils ont tué.



Ci-dessus à gauche, le jeune MEVIANE NDONG Siméon ; à droite, l’endroit où il a été agressé.
Blessé, désorienté, MEVIANE NDONG Siméon parvient pourtant à regagner son domicile, ignorant qu’il souffre d’un grave traumatisme crânien accompagné d’une hémorragie interne. Il reste chez lui. Les heures passent. La douleur devient insupportable. De violents maux de tête l’obligent finalement à se rendre à l’hôpital, un jour plus tard. Il est hospitalisé. Une opération est programmée dans deux jours.
Mais Siméon meurt ce lundi 5 janvier 2026, avant même de pouvoir être opéré.
Il était nouveau papa. Un bébé de trois mois qu’il ne verra jamais grandir. Une famille brisée. Un quartier traumatisé. Et une colère qui monte.
Car ce drame n’est pas un fait divers isolé.
C’est le troisième décès enregistré dans cette zone en moins de deux mois.
Nzeng-Ayong devient un territoire de la peur, malgré la présence d’un commissariat de police dans le quartier.
À quoi servent alors les discours officiels ?
À quoi servent les annonces sur l’équipement des forces de sécurité, si les citoyens continuent de mourir sous les coups des bandits ?
À quoi servent les salaires mirobolants accordés aux hauts gradés, si, sur le terrain, la population est livrée à elle-même ?
Pendant que les budgets sont annoncés, les couteaux frappent.
Pendant que les chiffres sont célébrés, les familles enterrent leurs morts.
Et pendant que l’on parle de sécurité, des enfants sont enlevés, mutilés, d’autres disparaissent sans jamais revenir.
À Nzeng-Ayong, après l’enlèvement et l’exécution d’un jeune garçon de 13 ans, voici maintenant un nouveau meurtre qui vient rappeler une vérité glaçante : l’État recule, le banditisme avance.
Il faut le dire clairement :
ce n’est plus seulement de l’insécurité,
c’est un échec de protection.
Un pays incapable de protéger ses citoyens la nuit, dans leurs propres quartiers, a un problème grave. Un pays où un jeune père meurt faute d’une prise en charge rapide et efficace porte une responsabilité collective lourde.
Nzeng-Ayong n’est pas un champ de bataille.
Ses habitants ne sont pas des dommages collatéraux.
MEVIANE NDONG Siméon n’est pas une statistique.
La colère est légitime.
Le silence serait complice.
Et si rien ne change, ce ne sera pas le dernier nom que l’on ajoutera à la liste.












