Le chef de l’État avait convié une trentaine de membres de la diaspora à l’inauguration du nouveau palais des congrès de la Cité de la Démocratie, dont plusieurs figures critiques du régime, parmi lesquelles l’activiste Landry Mbeng, alias Lanlaire. Annoncé puis attendu à Libreville, ce dernier a finalement décliné sa venue, avant de livrer des explications controversées sur son retrait.
Tous avaient été invités à prendre part à cette cérémonie d’envergure. La surprise a été générale lorsque, dès le lendemain de l’annonce, Lanlaire est apparu sur les réseaux sociaux pour confirmer sa venue à Libreville. Dans sa vidéo, il allait jusqu’à appeler ses soutiens à venir l’accueillir à l’aéroport, tout en remerciant le chef de l’État pour cet honneur.
La réaction du public ne s’est pas fait attendre. À peine la vidéo diffusée et devenue virale, elle a suscité une vague d’indignation et de critiques. Beaucoup ont exprimé leur incompréhension face à ce revirement soudain : comment un activiste ayant multiplié les attaques contre le régime, parfois jusqu’à des propos très durs contre le chef de l’État et sa famille, pouvait-il accepter une invitation officielle sans transition ? Certains y ont vu une forme d’opportunisme, évoquant même des avantages matériels liés au déplacement.

Le jour de l’événement, malgré la présence de journalistes et de curieux à l’aéroport de Libreville pour accueillir les invités en provenance de Paris, Lanlaire n’a pas été aperçu. Il n’a pas non plus pris part à l’inauguration. L’événement s’est déroulé sans lui, laissant planer le doute sur son absence.
Ce n’est que plus tard qu’il réapparaît dans une nouvelle vidéo pour expliquer sa décision de décliner l’invitation du chef de l’État. Dans cette déclaration, il affirme avoir été averti par une connaissance de risques graves en cas de retour au Gabon. Selon ses propos, il évoque des menaces de poursuites, mais surtout un scénario d’extrême violence incluant torture, viol et humiliations en détention.
Il rapporte notamment les propos suivants :
« Mon grand frère, si tu viens à Libreville, ils vont te laisser assister à l’inauguration, mais au bout d’une semaine, ils vont vous coller, vous et les autres activistes contre Oligui, un procès sur le dos, et on viendra vous chercher à votre domicile. On ne va pas vous emmener au B2 ni ailleurs, mais directement à la prison de Gros-Bouquet. Et là-bas, ils vont payer des hommes pour venir te coucher de force, te violer, t’agresser sexuellement. Elle m’a même précisé que les tissages et les perruques que je porte vont m’être arrachés en public afin de m’humilier. Comment auriez-vous voulu que je me pointe au Gabon dans ces conditions ? »
Ces déclarations, d’une extrême gravité, viennent raviver la polémique autour de cet épisode, déjà fortement relayé et commenté sur les réseaux sociaux.
Dans un climat déjà chargé de tensions et de soupçons, cette nouvelle sortie de Lanlaire fait basculer l’affaire dans une dimension encore plus explosive. Entre accusations de menaces, récit de violences supposées et mise en cause implicite des autorités, l’activiste transforme son absence en véritable charge politique à fort impact médiatique.
Sur la toile, les réactions se déchaînent : certains y voient un témoignage glaçant, d’autres une stratégie de communication savamment orchestrée pour entretenir la controverse. Dans tous les cas, l’épisode dépasse désormais le simple cadre d’une invitation présidentielle manquée et s’impose comme un nouvel épisode de confrontation symbolique entre pouvoir et diaspora contestataire.





