À seulement trois jours du scrutin du 27 septembre, un coup de tonnerre secoue la scène politique gabonaise : Jean Remy Yama, longtemps persona non grata du régime et banni de la course électorale, vient d’être réhabilité par le Conseil d’État. L’homme que certains pensaient avoir définitivement neutralisé fait donc un retour fracassant dans l’arène politique, prêt à batailler pour la mairie de Mulundu dans l’Ogooué-Lolo.
Cette décision de dernière minute, consécutive à un recours d’urgence de ses avocats, balaie les arguments qui avaient conduit à l’invalidation de sa candidature, jugés « juridiquement infondés » par la plus haute juridiction administrative. Et voilà que l’un des adversaires les plus redoutés du pouvoir renaît de ses cendres, prêt à défier ceux qui espéraient l’avoir enterré politiquement.
Figure syndicale de premier plan, pourfendeur acharné des dérives autoritaires et de la corruption, Jean Remy Yama n’a jamais cessé d’incarner une voix insoumise dans un paysage politique verrouillé. Son retour à la compétition n’est pas qu’un simple fait juridique : c’est un véritable séisme politique. Dans les quartiers de Mulundu, l’enthousiasme de ses partisans est palpable, convaincus que leur champion pourrait transformer ce revers en triomphe électoral.
« Il a toujours été du côté du peuple. Il s’est battu quand d’autres se taisaient », clament ses soutiens, galvanisés par ce retournement de situation. Même le court délai avant le vote ne semble pas les inquiéter : son équipe assure que la machine de campagne est prête, plus déterminée que jamais à bousculer les pronostics.
Ce come-back spectaculaire rappelle l’épisode rocambolesque de James Michael Curley, élu maire de Boston en 1947 alors qu’il purgeait une peine de prison. Comme quoi, la stigmatisation et l’exclusion politique ne suffisent pas toujours à éteindre une flamme populaire.
L’irruption soudaine de Yama dans la course pourrait bien rebattre toutes les cartes dans l’Ogooué-Lolo et même au-delà. Elle embarrasse les états-majors, crispe les appareils traditionnels, et expose crûment les tentatives de neutralisation politique que certains pensaient avoir réussi. Le message est clair : les manœuvres d’exclusion ont leurs limites, et le peuple pourrait bien les rappeler à l’ordre dans les urnes.
Le 27 septembre s’annonce désormais comme un rendez-vous explosif, où l’homme qu’on croyait hors-jeu pourrait créer la surprise la plus retentissante de ce scrutin.





