La scène aurait pu s’arrêter à une décoration officielle. Elle prend finalement une tout autre dimension. Retenu parmi les personnalités devant être décorées à Makokou à l’occasion de la Fête de la Libération, Benoît Joseph Mouity Nzamba, président du Parti gabonais du progrès (PGP), accueille la distinction avec surprise, mais surtout avec un message politique qui ne laisse guère de place au silence.
Dans une déclaration adressée aux progressistes, le leader du PGP affirme que les honneurs personnels ne constituent pas son moteur. Ce qui compte, selon lui, c’est le combat pour un Gabon débarrassé du tribalisme et du clanisme, attaché à l’honneur, à la dignité et à la souveraineté nationale.
Mouity Nzamba inscrit cette posture dans l’histoire politique du Gabon. Il revendique l’héritage des patriotes qui, lors du référendum de 1958, avaient appelé à voter « Non », citant notamment Agondjo Okawe Pierre-Louis et Joseph Rendjambe Issani. Pour lui, cet héritage explique naturellement son engagement au sein du PGP.
Mais c’est surtout après les remerciements adressés aux autorités que le ton change. Être décoré par le pouvoir ne signifie manifestement pas renoncer à lui demander des comptes.
Mouity Nzamba réclame ainsi la libération d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, de Bob Mengome et d’autres personnes qu’il présente comme poursuivies ou détenues pour des délits d’opinion. Il demande également que cessent les « tracasseries politiques » dont ferait l’objet le compatriote Boulingui, à la suite de révélations portant sur de possibles détournements de fonds destinés à la Nyanga.
Sur ce dernier dossier, le président du PGP réclame une enquête permettant de faire toute la lumière sur les faits allégués et d’établir, le cas échéant, les responsabilités.
Au fond, le message de Mouity Nzamba est simple : une Fête de la Libération ne peut avoir tout son sens que si la liberté, la justice et les droits des citoyens sont également au rendez-vous.
La décoration devient donc presque secondaire. À Makokou, le leader du PGP entend surtout rappeler que, pour lui, la Libération n’est pas un aboutissement, mais un combat politique qui continue.





